Le Temps des Découvertes
Jour I
Arrivée dans mon nouveau chez moi un peu avant midi, le 21 Septembre.
L'endroit est lovable. Très calme, tranquille, un peu paumé, très typique avec les maisons de briques rouges. C'est fascinant et très dépaysant à la fois. C'est très vert, aussi, on voit qu'il pleut beaucoup...
Parlons climat. Parce que parler météo, c'est tip-top pour briser la glace. Alors je sens que je vais me plaire, par ici... Bon, il pleut beaucoup, mais ça, ça me changera pas beaucoup. Mais ils ont des températures très douces. Jamais très chaud en été, ni très froid en hiver – apparemment, la moyenne hivernale tourne autour des 5°C, soit du pipi de chat quand on sait qu'on atteint les -25°C lors des hivers rudes en Franche-Comté – la seule différence marquante, c'est le vent. Il n'est pas spécialement fort, mais il est là, tout le temps. C'est drôle aussi, quand on se promène : là où j'ai chaud en petit chemisier à manches courtes, je croise la population locale qui est engoncée dans des blousons de mi-saison, et certains ont même déjà des cols roulés ! Du coup, forcément, je me fais regarder un peu bizarrement...
Bon, premier jour. J'ose pas trop sortir, j'avoue. Je suis un peu perdue dans tout ça, j'explore plus la maison, les placards, essaie d'établir le contact avec un chat un peu farouche, je prends possession de ma chambre.
Et puis, vers 17h30, alors que je me suis décidée à aller me sociabiliser un peu, l'un de mes colocs – le deuxième est pas là tout le temps – m'annonce qu'il m'emmène manger dans un carvery, ce soir.
What ?
Il répète bien trois fois la phrase. Je comprends bien qu'il parle de manger, mais je ne connais pas du tout les carveries. Il m'explique donc que c'est un type de restaurant traditionnel anglais, où l'on mange à volonté pour pas cher, en général. Les viandes proposées sont gammon, beef, turkey. Parfois, il y a de l'agneau, mais là ce n'était pas le cas.
Constat numéro un : ils mangent super tôt là-bas. Un peu avant six heures, le carvery est plein, et ça n'a pas l'air inhabituel. Soit.
Au bar, on choisit les boissons et on prend le ticket qui nous permettra de nous servir. On pose les affaires à une table – on peut les laisser sans surveillance, ça ne risque vraiment rien, et j'ai trouvé ça génial – et on va se servir. C'est vraiment à volonté, et j'ai été épatée de voir ce que certains pouvaient faire rentrer en l'espace d'une assiette.
First of all, on se fait servir la viande et le(s) Yorshire Pudding, qui ressemble un peu à une bouchée à garnir – comme dans les bouchées à la reine. Au choix, donc, entre du porc, du boeuf et de la dinde. Une fois l'assiette dans les mains, on se sert soi-même, et le choix est large en légumes ! Brocolis, choux-fleur, pommes de terre rondes ou grillées – voire cramées dans mon cas – petits pois... À part les pommes de terre cramées, tout est cuit à la vapeur. Je retrouve les fameux petits pois vert fluo que j'avais rencontré à Londres il y a cinq ans, mais je me sers un peu en tout. Pas farouche, de toute façon, c'est cuit-vapeur, ça peut pas être mauvais.
Puis vient le moment où on choisit les sauces. J'évite soigneusement la sauce à la menthe, et me rabas prudemment sur le gravy – une sauce faite à partir du jus des viandes – et une cranberry sauce qui ne peut pas être mauvaise quand on aime le sucré/salé. Et une fois tout cela fait, vient l'instant dégustation.
Je reste un instant devant mon assiette, hésitante, et puis je me lance.
Constat numéro 2 : eh bah c'est vachement bon. J'ai tout mangé, et je me suis régalée. C'était vraiment un délice ! Rien d'exceptionnel en soi, mais c'était vraiment très bon.
C'est donc le ventre plein, après avoir parlé un peu vins avec mon colocataire que nous allons faire une promenade digestive. Il m'emmène jusqu'aux Creswell Crags, qui de loin ressemble à un petit parc sympatique, très vert. Que nenni mademoiselle ! C'est une promenade aménagée pour des visiteurs, avec des cavernes un peu partout, ouvertes au public en journée. Vraiment nice ! Un gros étang est en plein milieu de l'endroit, c'est vraiment sympa. Canards, cygnes, corbeaux, les animaux sont là, les plantes aussi, … Un endroit à noter au Guide Méli 2010/2011. Et, apparemment, la région du Nottinghamshire regorge d'endroits dans ce genre. Juste génial, j'adore ça.
Rien d'exceptionnel à noter par la suite, rien d'intéressant, dirais-je. Après avoir regardé un peu la télévision anglaise – je peine à comprendre les programmes, ainsi que l'humour de certaines situations dans les séries, mais on fait avec – je vais me coucher. Eh oui, debout depuis 3h du matin, j'étais un peu morte. Un petit tour sur l'ordi, on papote avec le choupi laissé en France, et on éteint tout.
Jour II
Je suis réveillée par le chat. Qui miaule à ne plus savoir quoi en faire. J'ai entendu la porte, un peu avant, donc je suppose que Liam est parti au boulot. Coup d'oeil à la montre – j'ai oublié mon réveil : 8h15, heure locale. Bon. On oublie l'English Breakfast pour aujourd'hui – bien que je pense que je vais y avoir droit dans le week-end – et on part en quête de nourriture. Le chat m'embête – c'est qu'elle est caractérielle ! - mais elle est mignonne, on lui pardonnerait tout. Toasts + thé + stawberry jam, je suis au paradis.
Mon deuxième coloc, Nils, se lève à son tour. Il travaille de l'après-midi cette semaine, 14h-22h, donc... Déjeuner rapide, on papote un peu – j'ai un peu de mal à le comprendre, il mâche beaucoup ses mots – et après la douche, je décide de partir en exploration. Repérer les bus, descendre jusqu'à Creswell – à cinq minutes à pied – faire le tour des Crags et des petites boutiques qu'on y trouve.
Je prends mon appareil photo... Mais j'oublie la carte SD. Tant pis pour les crags, j'irai plus tard, allons à la recherche de la gare. Elle est à une demi-heure de chez moi, soit pas si loin mais quand même. Il y a plusieurs pizzerias, fish&chips et kebab dans la rue que je qualifierais de commerciale. Mais l'endroit est vraiment sympa, toujours typique à souhaits. Vraiment, les maisons alignées – l'espace urbain est très rectiligne, on trouve très peu de rues courbes comme en France, ou alors c'est tout géométriquement parfait – en briques rouges, l'église, les social clubs...
Une chose que je trouve extraordinaire, dont on m'avait parlé mais que je ne pensais pas si présente : tout est prévu pour les personnes en partie ou complètement invalides. Même dans un petit village – ou un petite ville – comme là où je suis. C'est juste génial. Problème moteur, non-voyant, mal-entendant, vraiment, les structures sont adaptées, et c'est là qu'on ressent le retard de la France par rapport au reste de l'Europe – ou juste par rapport au Royaume-Uni.
Le gros problème, c'est l'absence de passage piéton. Il y en a très peu, et pour rien au monde les piétons ne sont prioritaires. Et comme j'ai encore des problèmes pour savoir dans quel sens arrivent les voitures – on a beau savoir qu'ils roulent à gauche, c'est pas simple – ça devient... problèmatique. On regarde quinze fois dans les deux sens avant de traverser, quoi.
Une autre constatation : les anglais ont leurs petits cons aussi. J'ai traversé un pitit tunnel, dans un coin, tout blanc. Bon, il est pas beaucoup tagué, c'est vrai, mais le « If you read this, your gay » - avec la faute, si si – m'a paru aussi stupide que le « Celui qui lit ça est un con ».
De retour à la maison, à nouveau rien de bien intéressant. Je sais où sont mes arrêts de bus, je pense que j'irai jusqu'au centre-ville de Worksop demain si j'ai réussi à retirer un peu de liquide d'ici là. Je regarde à nouveau un peu la télé, peine à comprendre le documentaire historique, re-geek un peu... Etc !
14h.
On vérifie qu'on a la carte SD et une réserve de piles pour les photos – mon appareil en mange une quantité juste impressionnante – et me voilà repartie pour les crags !
Cette fois, je m'en donne à coeur joie, comme vous pouvez le voir. Les cavernes, l'étang, les libellules, tout y passe. J'ai croisé un groupe de cygnes en pleine toilette, que je n'ai pas osé approcher – c'est que c'est aggressif comme bestiau – mais aussi, en repartant, je suis passée à moins d'un mètre d'un groupe de faisans, cachés dans un champ d'herbes hautes. Ils m'ont surprise en s'envolant des fourrés... Ils étaient six ou sept, et ne sont pas farouches ! Ils approchent les maisons comme de rien et retourne à leurs occupations plus loin.
J'ai croisé quelques touristes aussi. Les anglais sont frileux, ils sont tous en pull malgré le soleil. Et moi j'ai toujours chaud avec ma chemise.
Le blues du départ est toujours là, mais il se dissipe un peu. Je ne dirais pas que ça va super bien les petits oiseaux cui-cui, mais ça va déjà mieux qu'hier. J'ai moins le cafard. Sans doute parce que je suis dans la phase découverte et que ça m'occupe l'esprit. Mais bon, je suis mieux lottie que certains qui sont seuls en studios, livrés à eux-mêmes. J'ai l'avantage d'avoir des colocs pour m'aiguiller et m'aider un peu.
Sinon le chat me harcèle. Elle veut absolument que je lui donne à manger... TT Elle miaule, elle attaque même ! Lola is a very bad kitty TT Mignonne, certes, on avoue. Je lui pardonnerais presque tout – mais pas autant qu'à Fran, chaton française, qui est so much lovable <3 – mais elle harcèle quand elle veut manger et fuit à la moindre tentative d'approche. Elle est farouche et caractrielle, c'est juste improbable. La petite Fran et ses crises de jalousie me manquent v.v
La suite de mes aventures un autre jour ! Si tout va bien, demain sera expédition à Worksop, centre-ville, pour me débattre avec l'administration anglaise, huhuhu.
Have a nice Wednesday Evening ~