Quelques jours avant le départ
... Alors que le stress monte progressivement d'heure en heure.
Arrivée prévu au Royaume-uni dans douze jours, à 9h55 GMT. Avant le départ, je suis un peu confuse dans tout ce que je ressens. Entre le stress, l'excitation, la trouille et l'impatience. Tout ou presque est prêt : la banque est ok, AirFrance est ok, l'appartement est ok, la Sécurité Sociale m'a lâchée et la poste refuse de me donner les tarifs des colis en partance pour le Royaume-Uni, alors que je peux avoir ceux d'un colis qui va en vacances à Ouagadougou, Burkina-Faso.
Difficile de se dire que dans une poignée de jours, je n'aurai plus à râler devant la porte de CPAM parce qu'ils sont fermés, pour cause de grèves. Je n'aurai plus à entendre parler d'un Nicolas Sarkozy qui expulse les Roms de France et qui crée un scandale. Je n'aurai plus à me soucier d'un Luc Chatel qui est persuadé qu'il n'y a aucun problème de sureffectifs dans les classes.
J'aurai d'autres soucis en tête : comment expliquer à mon colocataire ce qu'est une cuiller à absinthe, ou finir de me débattre avec les formatités des banques anglaises (déjà en français, je n'y comprends pas grand chose...). Autant dire que je sais où sont mes priorités.
C'est tout ce stress et ce départ vers l'inconnu qui me fait ouvrir ce blog. Un besoin de m'exprimer, de partager. De garder le contact, quand même. De pouvoir publier des photos, et puis... Conter des anecdotes, pousser de coups de gueule, critiquer un livre ou un film, partager les écrits qui pourraient finir par naître au bout de mes doigts (ou d'autres plus anciens).
Parce que ce sera une expérience inédite. Un grand saut vers l'inconnu, et sans personne pour venir avec moi, ni rien. Un tremplin vers la vraie vie, en fait. Je laisse la famille, les amis, le petit-ami, tout derrière moi. Avec une pointe au coeur, un peu de regrets, et beaucoup de doutes. Combien de fois me suis-je demandé pourquoi j'ai eu l'idée de me porter volontaire pour ça?
Mais la réponse est simple : si j'ose pas partir aujourd'hui, j'oserai jamais. Et puis, c'est nécessaire. Si je veux avoir un anglais réellement correct et pouvoir l'enseigner correctement, c'est une case par laquelle il faudra que je passe. L'année à l'étranger. Vouloir partager ma langue et ma culture avec les adolescents anglais, ça... Je me demande si ça ne vient pas d'une part de masochisme. Même si je suis sûre que tout se passera bien.
Et que dans huit ou neuf mois, je ne voudrai plus partir.
Bah en attendant, j'ai méchamment la trouille.