Élucubrations d'une étudiante en MEF

Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 19:52

Manque de temps, manque de motivation, manque de tout un tas de choses... Et voilà que j'ai laissé la poussière s'accumuler sur ce pauvre blog (et surtout les pages de pub, parce qu'overblog en rajoute automatiquement quand il n'y a pas assez d'activité, c'est horrible hein?).

Pour vous dire, je ne vous ai même pas raconté mon deuxième stage... Je vous ai pas parlé de ma vie passionnante depuis fin décembre ! Impensable.

Mais là j'ai du temps. J'ai du râlage en perspective. On va se prendre en main, refaire du ménage, retrouver le sacro-saint rythme d'une note par semaine – on y croit !

 

La grande question a été de savoir : à part vous raconter ma vie, qu'est-ce que je vais bien pouvoir vous dire ? Parce que, c'est pas que ma vie est absolument pas passionnante, mais presque quoi. Étant donné que mon année de Master 1 s'est finie il y a peu, je me suis dit « bah pourquoi pas? » et... Je suis là pour vous parler de mon second semestre, de mes malheurs et de pourquoi je conseille à tous ceux qui veulent partir en MEF d'attendre AU MOINS un an ou deux. Ou plus. Déjà parce que la formation va encore être réformée dans peu de temps, je le vois venir gros comme une maison, et ensuite, parce que même avec une super directrice de master, ça reste un gros bordel...

 

Outre le fait que nos stages ne soient pas rémunérés – oui, je trouve toujours ça scandaleux, c'est un gouffre financier ce machin – il y a déjà la superbe, la magnifique... Organisation. Parce que qui dit trois semaines de stage, dit trois semaines sans cours à la fac. Sauf que nos cours sont quand mêmeorganisés sur douze semaines, semestre universitaire classique. Donc comment qu'ils font ? Oh oui, ils pourraient nous donner des cours d'une heure et demie pendant neuf semaines, pour avoir douze heures. MAIS NON. Ils bloquent qu'une heure dans la semaine dans l'emploi du temps...

Et c'est ainsi qu'ils se rendent compte, quelque chose comme deux semaines avant la fin du semestre, qu'ils nous doivent trois cours...

Je vous explique pas, à la fin du premier semestre, le rythme de malade qu'on a eu au retour du stage, entre rattrapages de cours et partiels...

Mais là, deuxième semestre, la promo extraordinaire que nous sommes a anticipé et a demandé des rattrapages étalés sur tout le semestre... Eh ben franchement, vu le rythme qu'on s'est farci, je serais curieuse de la façon dont on s'y serait pris si on n'avait pas anticipé, parce que ça a été un cirque sans nom. Au point où l'un de mes partiels a été prévu la veille, et qu'on est arrivés le matin sans trop savoir ce qui nous attendait.

Sinon on est arrivés, à chaque vacances, à un stade d'irritabilité assez avancé. Au point où la dispute n'a pas été loin, une fois ou deux, où les tensions ont été fortes et sur le point d'exploser. Peut-être pas entre tous, peut-être tout le monde ne l'a-t-il pas ressenti. Mais les vacances de février ont été les bienvenues et celles d'avril aussi...

 

Mais au final, même si l'organisation laisse à désirer, dans ce master, je ne regrette pas mon année ou ma nouvelle promotion. Une ambiance géniale que je n'avais jamais eue de tout mon parcours, des liens forts ont été tissés, forcément, et surtout : aucune ambiance concours. Rien. J'ai des amis en MEF d'autres langues, d'autres disciplines, et ils sont dans l'ambiance des classes prépa, où la pesanteur et le chacun pour soi domine. Étonnamment, rien de tout cela dans notre promo. Au contraire : entraide, explications entre nous, approfondissements, travail d'équipe, c'est franchement agréable...

Mais le mieux, définitivement : c'est la fin de l'année. On est détendus, on s'est fait un repas et une tite soirée pour cloturer tout cela, bref, le top.

Et encore mieux : je redécouvre que j'ai une vie sociale. Et ça, ça vaut tout l'or du monde. Moi qui suis pratiquement restée prostée chez moi pendant tout l'hiver et une bonne partie du printemps, j'ai bronzé, je vois des gens, je fais la fête, je picole ! Bref, je vis.

Et ça fait du bien.

Et comme j'ai du temps – parce que je cherche du boulot et que y'en a pas, en ce moment, pour changer – bah j'me suis dit que j'allais reprendre ce blog en main. J'ai pleeeein de trucs à vous raconter, amis lecteurs ! Des films que j'ai vus, des villes que j'ai visité et où je compte retourner, le jeu de rôle puissance 10 000 (*-*), des lectures et...

Ah oui des lectures.

Y paraît que je dois commencer à travailler sur mon mémoire de M2. Si, j'vous jure, j'dois préparer le concours ET un mémoire. J'ai pas fini. D'autant plus que je n'ai pour le moment qu'une vague idée de sujet...

Mais on y croit.

 

 

PS : non je n'ai pas encore mes résultats du Master 1. Mais je suis sûre de le valider. C'est juste pas possible autrement. Sinon j'me pends.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
Quelque chose à dire? - 0 lecteurs ont commenté.
Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 16:15

http://cleaning-limpieza-industrial.com/images/slideshow/accueil/7.jpg

 

Aujourd'hui, je me promenais sur la toile, et je suis allée voir si Princesse Soso avait mis son blog à jour. C'est ainsi que je suis tombée sur son article, qui reprenait un article du Figaro, sur l'école française et sa perdition,.

 

Pour ceux qui auront la flemme de lire ces deux articles conséquents, on peut dire qu'ils sont pleins de bon sens. Ils soulèvent des problèmes que j'ai trop souvent entendu, souvent relayés par des ministres de l'éducation voulant faire de l'école un haut-lieu de la politique. Et c'est ainsi qu'arrivent des problèmes qui sont venus à toutes les oreilles : la violence à l'école, le traumatisme des notes, l'égalité absolue, l'absence de compétition (parce que c'est humiliant pour les mauvais élèves), les lacunes qu'on trouve dans les classes et chez certains élèves, les grandes difficultés, la mise à mort de l'orthographe de notre si belle langue... Et j'en passe et des meilleurs.

Ces notions que je n'ai jamaisrencontrées dans le système anglo-saxon, où l'on fait les classes selon les niveaux des élèves, où on note via des niveaux, où certains examens ont une version facile et une version hardcore, où l'apprentissage par coeur n'est pas stigmatisé... Et les élèves que j'ai pu voir n'étaient pas traumatisés le moins du monde, pas même ceux des tout derniers sets, qui étaient même plus que motivés. Et les set oneétaient souvent boostés, et dès qu'ils avaient de mauvais résultats, on leur rappelait qu'ils étaient les meilleurs, et que s'ils ne travaillaient pas plus, ils iraient dans un set inférieur.

 

Cet article est tout en contraste vis à vis de ce que j'expérimente chaque jour : la formation des enseignants. En didactique, on nous enseigne l'égalité, on nous rabache qu'il ne faut pas jouer la carte de la valorisation – parce que ça humilie les autres élèves – on nous explique bien l'importance des savoir-faire et des savoir-être plus que du savoir en lui-même.

Ce qui m'a presque choquée dans mes cours, c'est le jour où l'une de mes profs nous a dit que le plus important, quand un élève s'exprimait en langue étrangère, c'était l'intelligibilité. Pas la grammaire. Pas le vocabulaire. Mais le fait que l'interlocuteur natif puisse comprendre sans mal. Ce qui veut dire qu'en théorie, le fait qu'un élève s'exprime en petit nègre est tout à fait recevable.

Franchement, si on suit la logique de l'éducation nationale, qui veut que ce qu'on fait à l'école doit être absolument utile pour un métier plus tard : vous pensez que si vous parlez en petit nègre à un employeur, votre crédibilité ne risque-t-elle pas d'en prendre un méchant coup ?

Ensuite, on parle d'élève acteur de sa formation. Alors, dans la théorie, c'est très joli, très mignon, très bisounours : l'élève est au centre de sa formation, et il agit, fait des choix, se trompe peut-être, mais pour mieux se relever et avancer. Dans la pratique... Nous parlons d'adolescents, et non pas d'adultes. Vous imaginez, 30/40 adolescents à qui on laisse le choix ? Ahem. Et puis, face à des classes muettes, c'est pas folichon. Et je ne parle même pas des classes de SEGPA...

Il faut aussi qu'on se souvienne qu'il faut prendre en compte de la volonté individuelle de l'adolescent, sa volonté de s'affirmer et de hurler au monde qu'il existe.

Ai-je vraiment besoin de développer ce point ? Je trouve que ça parle de soi-même...

 

Alors oui, je suis d'accord avec ce qu'a écrit Natasha Polony. Et je ne comprends pas que ça fasse autant de polémique, très personnellement. Enfin si, parce qu'elle pointe du doigt bien des défauts dans un système éducatif qui possédait pourtant d'excellentes bases. Parce qu'elle pointe les faiblesses d'un pays où beaucoup trop d'élèves sortent de troisième sans savoir lire ni écrire.

J'ai moi-même appris à lire avec la méthode globale dont elle parle dans son article. Pour ceux qui ne voient pas de quoi il s'agit, un exemple concret : avant que ma mère ne vienne m'apprendre à déterminer les syllabes et à les déchiffrer, je pouvais lire « le chat mange la souris » mais j'étais incapable de lire « chat » ou de lire la syllabe « sou ». Mais je savais reconnaître la phrase. Ce qui est assez inutile lorsqu'on tombe sur un mot inconnu...

Alors que d'autres ne sachent pas lire/écrire correctement ne m'étonne pas. J'ai eu la chance d'avoir une mère qui a rattrapé les pots cassés. Certains parents ne s'impliquant pas dans la scolarité de leurs enfants laissent couler. D'autres s'en moquent carrément. Et là est un autre coeur du problème.

 

Ajoutons à cela de scandaleuses réformes orthographiques (apprendre qu'on pouvait maintenant écrire « nénufar » m'a fait hurler d'indignation), et comment voulez-vous que la jeunesse française sache écrire, rester concentrée, faire des progrès, découvre le plaisir d'apprendre sans forcément que cela ait une utilité pour son futur métier, pour avoir une culture générale...

Certes, les élèves ne travaillent jamais pour eux (pour faire plaisir aux parents, par peur de punitions, tout ça, et je ne faisais pas exception avant d'entrer à la fac), mais il est important qu'ils acquierent ce genre de choses. Pour qu'on n'aille pas vers une société aliénée, où certaines personnes ignorent certains mots comme « métaphore », « garniture » ou « paradoxal ».

Et c'est du vécu.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
Quelque chose à dire? - 0 lecteurs ont commenté.
Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 20:06

Au moment où je vous écris, je suis en plein rapport de stage, et je ne surkiffe pas de devoir le faire. Mon stage s'étant finalement plus concentré sur de la pratique accompagnée (comment préparer un cours et finalement le donner), complèter un rapport de stage d'observation devient complexe. J'ai certes beaucoup observé, mais plus dans une optique purement pratique – je suis très terre à terre – que dans une optique d'analyse. Donc voyez-vous, j'ai du mal, dans l'immédiat. J'ai de quoi faire, mais je suis quand même assez stressée par cette idée de cinq pages à ne pas dépasser... J'ai beaucoup à dire quoi !

 

Vous en savez quelque chose ! Je vous en ai dit des choses, n'est-il point ? Mais je ne vous ai pas donné les moments les plus croustillants : Méli qui prend en charge deux classes, sur deux heures de cours (donc quatre au final) pour la première fois de sa vie.
Alors définitivement : j'avais jamais rien fait du même genre. J'ai été face à des groupes de trente avec un prof, comme assistante ; j'ai fait du soutien en cours de 10h avec trois élèves avec Acadomia ; j'ai fait face à des groupes de 3 et 5 (et ils étaient en classe entière) comme assistante avec les y12 et y13 ; j'ai donné des cours à domicile.
C'est incomparable. Et les quatre heures ne se ressemblaient pas.

 

J'imagine que vous attendez le récit croustillant, donc allons-y...

Les première S :

C'est une classe qu'on m'avait dit silencieuse, voire molle, pas exceptionnelle, mais pas catastrophique non plus. J'ai pu constaté que c'était en effet le cas, une classe moyenne, mais alors dans le genre deadly silent, même un mort ne ferait pas mieux. On entendrait les mouches voler.
Mais le pire, ce n'est pas seulement que les gamins ne participent pas ; non, ils ne causent pas, même entre eux. Rien. Que dalle. Nada. Je crois que même mes regrettés y10 étaient plus bavards...

Avec eux, j'ai eu beaucoup de mal à trouver sur quoi faire le cours. Les idées ne manquaient pas, mais en deux heures, on ne peut pas traiter non plus un sujet aussi vaste que l'Apartheid, par exemple...
Mais finalement, j'ai jeté mon dévolu sur les petits immigrants Mexicains. A la base, le but était de les amener, via une image et un texte, à réviser les comparatifs, l'expression de l'opinion, et de les faire réfléchir sur un sujet d'actualité.
Eh ben ça n'a pas été simple.

 

http://www.mondial-infos.fr/wp-content/uploads/2009/12/fesses.jpgVous vous souvenez bien sûr des 1ère S et de leurs idées conceptuelles sur les fesses?

 

Jour 1, heure 1 (8h-9h) :
On a commencé par une petite image d'un panneau de signalisation, sur le type « immigrants crossing ». Alors là,
no problem. J'ai eu de bonnes idées, des théories farfelues, jusqu'à arriver à l'idée de l'immigration, ça se passe bien. Les première ont besoin d'être motivés, secoués, solicités en permanence, mais ils ont un prof tout nouveau face à eux et font preuve de bonne volonté. Ils participent relativement bien. Je décroche même un howeverd'une élève en grosses difficultés, de bonnes constructions, pas mal.
On base la seconde partie de l'heure sur un texte, on le lit, on le résume, on en parle un peu. Encore une fois, ça tourne plutôt bien. On finit pas trop mal, à l'heure, en ayant eu le temps de prendre de l'avance sur les devoirs que je comptais leur donner pour le lendemain.

 

Jour 2, heure 2 (le lendemain, 8h-9h) :

Alors là, je les ai vu arriver... Ils avaient l'air bien moins réveillés que la veille. Jeune prof encore pleine d'illusions, je commence par un recap un peu mou, où peu de personnes arrivent à me dire ce qu'on a fait la veille. Bon. On reprend sur le petit point de grammaire qu'on avait laissé derrière nous l'heure précédente...
Oh, mon, dieu. Je m'étais dit qu'on allait profiter du texte, qui s'y prêtait bien, pour causer comparatif/superlatif. Une notion vue en cinquième, ou en quatrième. En tout cas, une notion vue depuis un looooong moment. J'avais donc prévu d'y passer une dizaine de minutes max, histoire de faire une piqûre de rappel.
Une demi-heure. On est resté une demi-heure dessus. Ils n'y étaient pas, ils n'avaient pas l'air de suivre. Trois fois je leur ai demandé si ça allait, s'ils comprenaient. Mais non. Une demi-heure plus tard, je n'étais pas sûre que tout le monde ait bien assimilé...

L'activité de vocab, à côté de ça, est allée toute seule.
Bon, les première me semblent repartis, je me dis que je vais pouvoir les lancer sur une petite réflexion personnelle... Bah c'était définitivement pas leur jour. J'ai commencé par leur parler de réfléchir sur l'immigration. Puis de comparer avec une situation familière. Puis je leur ai dit que c'était quelque chose qu'ils vivaient tous les jours. Dans leur pays.

Cinq bonnes minutes plus tard, je me suis décidée à interroger une des filles qui sont bonnes dans la matière, pour obtenir « Africans come to France to have a better life ». FIOU. Ce fut long et dur. On a laissé tomber la construction d'une petite argumentation et l'expression de l'opinion. Le prof titulaire ayant des mots à dire à sa classe, je lui ai laissé la main, en expliquant bien aux élèves que la séance du jour avait été très moyenne, surtout vis à vis de la précédente...

 

http://studentsschool.com/wp-content/uploads/2009/08/Tips-to-avoid-sleeping-in-class-for-students-school.jpgToi aussi, petit, tu iras en 1ère S...

 

Les secondes :

Aaaah, alors eux, ils sont différents. Très francs. Très vivants. Quelque part, ce sont encore des troisième, arrivés ici un peu par hasard.

Le fait étonnant avec eux, c'est que quelques filles fortes têtes avec leur prof ont bien daigné participer (et parfois beaucoup, Camille, qui avait une extinction de voix, a participé au moins quatre fois sur les deux heures) et je suis sortie au final avec la certitude d'un travail accompli : ils avaient compris.

J'avais été ambitieuse, pour eux ; le prof étant dans l'unité sur New York, je suis partie sur un travail autour du Melting-Pot. Clichés, nationalités, rumeur, le passif impersonnel... Il y avait un long travail autour, qui allait bien, et qui rentrait bien dans les deux heures. Le passif impersonnel est quelque chose de complexe, mais visiblement... Il est passé !

 

Jour 1, Heure 1 (9h-10h) :

Je sors à peine du cours 1 avec les première. J'entre dans la salle, et... J'attends. Beaucoup des gamins ont cours de français, juste avant, et ont tendance à arriver en retard. Je commence donc en retard.

Un vrai plaisir. Certes, ils bavardent, ils sont excités et il faut savoir les canaliser. Mais ils participent volontiers, et se lancent sans honte, quitte à faire des erreurs. Alors imaginez, quand je leur ai projeté une image de stéréotype d'un chinois, ils s'en sont donné à coeur joie. Pareil quand il a s'agit de trouver des clichés.

En une heure, deux images traitées, et quelques clichés. Mais des élèves de bonne humeur. Et un début de point sur le passif. On a un peu échangé sur le sujet, rappelé de quoi il s'agissait... Bien, la récréation sonne... On reprend après.

 

Jour 1, Heure 2 (11h-12h) :

Une heure plus tard, nous commençons plus ou moins à l'heure. On reprend notre recherche des clichés, vis à vis d'adjectifs (sur un conseil de mon tuteur, pour que ce soit plus simple). Et maintenant, il s'agit de faire la connaissance du passif impersonnel (le « on » français). Et bien, finalement, ça passe bien. On explique une fois, on fait des exemples pour que tout s'incruste en tête des gamins. Certains comprennent.

Et là, l'avantage de la classe, très franche, sort : « Madame, moi j'ai pas compris ! » C'est une surprise. En trois semaines, je n'avais pas encore entendu la voix de Marine (surprise pour mon tuteur aussi), à qui j'ai tout réexpliqué, et fait faire un exemple. Et je suis certaine, à l'heure d'aujourd'hui, qu'elle a compris.

Comme tous. Ils se sont amusés à reformuler des clichés via cette formulation, ont vite trouvé son équivalent français (le « on » donc), et m'ont permis de repartir sur New York. On a vu les nationalités, les quartiers où certaines se concentraient (Little Italy, China Town...) ; et enfin, ils ont pu formuler, en anglais s'il vous plait, ce qu'était un Melting-Pot.

Et hop, il est 12h. La sonnerie retentit dans trois minutes, je les laisse filer pour profiter de leur avance à la cantine.

 

L'expérience a été gé-niale. Je me suis sentie très à l'aise, face à eux, et d'après mon tuteur, je suis définitivement faite pour ce métier – j'ai les réflexes qu'il faut, déjà, de bonnes idées, c'est vraiment réconfortant.

Je n'ai aucune envie de retourner à la fac. Aucune de passer le concours. Qu'une hâte : y retourner au mois de mars, redonner des cours, recommencer. De jour en jour, je sais un peu plus que c'est le boulot qui est fait pour moi.

Et je ne lâcherai pas l'affaire.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
Quelque chose à dire? - 0 lecteurs ont commenté.
Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 16:56

 

J'ai, aujourd'hui, eu une discussion très intéressante avec ma sœur.

(Pour les intéressés, ma sœur a 13 ans et est au collège)

Nous parlions de ma journée de stage (où j'ai donné mon very first cours toute seule, héhé), et nous avons progressivement dérivé sur son collège, et ses équipements. Il faut savoir que dans ledit collège, il y a en tout et pour tout un TBI – ce qui, j'en conviens, n'est pas si mal, mais attendez la suite – et une poignée de projecteurs à droite, à gauche. Attention, nous parlons de projecteurs, pas de rétroprojecteurs. Le projo est un appareil souvent fixé au plafond et raccordé à un ordinateur dans la salle de classe, permettant aux élèves de voir ce qu'on trouve sur l'écran d'ordi. Dans le lycée où je travaille en ce moment, l'image est projetée via le TBI, ce qui fait qu'on n'a pas besoin forcément de passer quinze heures à régler la taille de l'image projetée – et le top, c'est que maintenant, fini les transparents, nous passons à la couleur, wouhou !

http://lewebpedagogique.com/moscm1/files/2010/11/paysages-006.jpg
N'est-ce pas magnifique, la magie d'un TBI? **


Bien, même si l'académie se met peu à peu aux technologies, malgré notre situation géographique reculée, ce cas n'est pas isolé. Certains établissements sont fully-equipped, d'autres non. Le changement est en cours.

Là où j'ai tiré une tronche, c'est quand j'ai appris tout ce qui était à disposition des élèves. Alors, depuis quelques années, une nouvelle cantine était en construction, et a ouvert il y a trois ou quatre ans. L'ancienne a donc fermé, mais il a fallu l'aménager. Nouvelles salles de classes, nouvelle salle des profs, et une salle d'audio-visuel.

 

Là, j'applaudis des deux mains. C'est vrai que ce genre de chose est vraiment un plus dans un établissement. Donc, encore une fois, ce n'est pas ce qui m'a tuée.

 

Ce qui m'a tuée, c'est ce qu'on appelle le foyer, ou plus formellement la maison des collégiens. Alors un truc bien, c'est la récupération des anciens fauteuils de la salle des profs pour les élèves – même si je pense que remplacer les fauteuils ne devait pas spécialement être une priorité, y'a des salles où il y a les mêmes chaises que les élèves, et c'est très bien...

Mais dans ce foyer, il y a un écran plat. Sachant que le foyer est à disposition totale des gamins, donc expliquez-moi ce qu'une télé fiche là ! Mais oui, entre deux cours, regardons la dernière émission de télé réalité à la mode ! Et prochainement, il va y avoir...

Un baby-foot. Expliquez-moi la démarche pédagogique derrière l'achat d'un baby-foot. Alors on va me dire « oui, tu comprends, c'est pour que les gamins puissent se détendre ». Euh ouais. Mais non. Ils ont déjà des fauteuils, et un écran plat, et un CDI, et une salle info... Et puis, il faut savoir que ledit foyer est sous l'entière responsabilité des élèves. Ca, c'est pas mal dans la théorie : ça les responsabilise, tout ça... Mais il n'y a jamais le moindre adulte là-bas. Non, c'est toujours un troisième, ou un quatrième, éventuellement un cinquième, qui chapeaute – oui, on sait tous que les grands de cinquième ont peur de la menace terrible que représente un élève de cinquième. Et donc, si les gamins sans surveillance font trop de bruit dans le foyer – ce serait étrange, non, pour des adolescents livrés à eux-mêmes ? – eh bien... Le foyer est fermé pendant quelques jours, qui peuvent devenir des semaines, et si j'écoute ma fratrie, ça peut aller à deux mois – ça me semble beaucoup, je soupçonne de l'exagération.

http://www.penalti.fr/dotclear/public/BABY_FOOT_BONZINI_stadium.jpg
Le dernier outil pédagogique indispensable.

 

 

Alors franchement : pour un endroit qui n'est pas propice au travail des élèves – c'est bien le but d'un établissement scolaire, non ? – et qui est fermé au moindre petit bavardage de trop, c'est assez épatant qu'on y mette autant de frais...

Tant d'argent qui ne partira pas dans l'équipement scolaire. Ou dans le renouvellement des manuels. Ou dans le renouvellement des ouvrages du CDI. Ou dans la rénovation de la cour de récréation... Ou le renouvellement du matériel de sport. Et j'ai encore plein d'idées pour ça – quand il s'agit de dépenser, on a toujours plein d'idées.

Alors pour un bahut fraîchement rénové – et qui en avait besoin – on pourrait penser qu'il y a d'autres priorités que d'acheter un baby-foot... Je n'ai jamais géré le budget d'un collège, j'avoue que je ne sais pas la galère que ce doit être. Mais faut pas pousser, quand même, faut pas avoir fait bac+10 pour se douter qu'un bahut peut se passer d'un baby-foot...

 

Prochainement, des nouvelles de la fin de mon stage. Ca se passe super bien ! Même qu'Acadomia m'a redonné du boulot, héhé ! 

 

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
Quelque chose à dire? - 0 lecteurs ont commenté.
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 17:38

J'avoue, j'avais oublié. C'est dingue comme en quelques mois seulement, on oublie une expérience pareille. Pourtant, « j'ai baisé ta mère » (je vous avais parlé de ce y11 qui avait lâché ça dans un couloir ?) aurait du me rappeler que les élèves, français, anglais, ou martiens, ne se rendent pas compte que les professeurs ont des oreilles. Ou bien ils pensent qu'au delà de deux mètres, les professeurs ont une ouïe plus que défaillante.

Je ne manquais pas à la règle, à leur place, je pense, avec ma désormais légendaire discrètion...

Enfin bon. J'ai quelques petites anecdotes du genre (oui, déjà) à vous raconter sur le sujet.

 

http://cache.cosmopolitan.fr/data/photo/w228_c18/7d8c9e16e_mango.jpg

Alors déjà, les Prépa. J'ai pu les voir dans un cours, même si ça ne me concerne pas vraiment – puisqu'ils ne sont pas dans le secondaire – mais sans plus. Et je les ai vu, dans un couloir, en attendant mon référent. Et là, je surprends une conversation sur les profs d'anglais. Mais oui. C'est pas comme si j'étais deux mètres plus loin, et très visible dans mon manteau rouge.

Ça parlait de M. S., qui n'est pas professeur dans ce lycée. Je le connais de nom, parce que lorsque j'ai passé mon bac oral d'anglais, j'étais avec des élèves qui l'avaient eu dans un autre lycée de la même ville.

« Non mais il était pas top, Monsieur S., quoi, j'préfère Monsieur P., il est juste trop bien comme prof !
- Trop pas, Monsieur S. était totalement différent, c'est juste que c'était plus difficile, mais je l'aimais bien moi ! »

C'en suit une longue discussion sur le sujet... Une discussion normale d'élèves, prépa ou pas. Enfin bon, quand je potine sur mes profs de fac, j'ai la décence de ne pas le faire devant l'un d'eux...

 

 

Mais vous vous doutez que ce n'est pas le plus croustillant. Bien sûr, j'en ai gardé d'autres sous le coude...

Entre autres ; comme les anciens élèves de ce lycée se souviendront, l'extérieur de la cour, juste devant les grilles, est ze place to be quand on est fumeur. Et croyez moi, il n'y a pas que du tabac. Et quand j'y étais moi-même élève, je connaissais du monde qui touchait à du matos un peu plus dur qu'un simple pétard... (non, je n'y touchais pas, je suis prude, moi, vous voyez)

Alors il doit être une heure moins le quart, je rentre de ma pause déjeuner, et j'entends deux élèves discuter sans vraiment faire attention. Et puis j'entends un :

« Ta gueule, c'est une prof !
- Mais on s'en fout, tout le monde sait que tu fume DES PÉTARDS ! »

(les majuscules ne sont pas là pour mettre en valeur et dire drugs are bad, m'kay, mais parce que la jeune fille l'a crié à plein poumons dans mon oreille désormais décédée)

 

Raaah, ça m'avait manqué. Une dernière pour la route ?

Ah, c'est bien parce que j'ai gardé la plus croustillante pour la fin.

Encore une fois, je suis dans les couloirs, et je croise des élèves que je reconnais immédiatement comme étant en première scientifique. Je ne fais que passer, mais la simple phrase que j'ai entendu vaut le tact de mes anciens y11...

« Non mais deux heures de maths, c'est comme la sodomie : au début, ça va, mais après deux heures, ça fait mal au cul. »

o.o what ?

 

http://www.kaotique.com/wp-content/uploads/2007/11/grosses-fesses.jpg

Les 1ère S sont en pleines révisions du bac

 

Voici mes anecdotes so far. Sinon, les seconde étaient plutôt mignons, ce matin, pas trop bruyants ni rien. Et c'est officiel, je devrais faire classe à eux, ainsi qu'aux première, pendant deux heures, la semaine prochaine (dernière semaine de stage). J'ai déjà un projet pédagogique pour mon stage de mars, et je sais autour de quoi vont tourner mes séances de seconde. Il faut que je cogite encore pour mes première, mais je gère. Je vais trouver.

See you folks o/

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
Quelque chose à dire? - 0 lecteurs ont commenté.
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés