Pensées ('Je ne suis pas raciste mais')

Publié le par Méli

Depuis l'article d'hier, j'ai sondé la toile, pour voir les différents articles de blog qui ont pu être faits sur le sujet. Je n'ai pas été déçue du voyage.

Comme dit dans le dernier article, j'ai dépitée des réactions, pourtant typiques, que ça a suscité. Bouh, le vilain raciste, bouh. J'ai déjà exprimé mon opinion à ce sujet hier, je ne reviendrai pas là-dessus. Aujourd'hui, j'ai vu des articles de blogs sérieux – dans le sens où ce ne sont pas des skyblogs d'adolescentes mal dans leur peau – qui reléguaient exactement les mêmes idées que « wesh t'es un raciste ».

 

Alors je me suis dit que c'était un point sur lequel il était intéressant de débattre. À ce sujet, je suis ouverte aux critiques, aux avis, comme pour tout, tant que c'est un tant soit peu construit.

Parlons racisme, ce sujet épineux qu'on n'ose plus aborder, sous peine d'être assimilé frontiste.

 

Déjà, revenons sur le mot avant de l'utiliser à tout va :

« Le racisme est une idéologie, qui partant du postulat de l'existence de races humaines, considère que certaines races sont intrinsèquement supérieures à d'autres. Cette idéologie peut entraîner une attitude d'hostilité ou de sympathie systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes de couleurs. »

Source : Wikipédia.

Je connais la fiabilité de wikipédia, mais je trouve cette définition intéressante et assez vraie. J'aime beaucoup la notion d'« attitude de sympathie », qui soutient mon opinion sur la discrimination positive. Mais ne brûlons pas les étapes.

Si nous nous basons sur cette définition, un raciste est quelqu'un qui pense que l'espèce humaine est divisée en races, et que certaines valent mieux que d'autres. Bon, premier point : l'utilisation du terme à tout va. Quelqu'un qui tient des propos discriminatoires n'est pas forcément un raciste. Je suis une puriste de la langue française (j'ai failli faire une attaque en voyant la dernière réforme de l'orthographe en France), et j'aime utiliser les mots qu'il faut.

 

Autre point qui éveille mon intérêt : ça parle d'existence de races, qui pensent que certaines sont supérieures. Ce qui signifie que nul partil est dit que le racisme est la déclaration de la suprématie des blancs. Alors qu'on arrête, dès qu'on dit quelque chose de déplaisant – je ne pense pas forcément à une insulte, mais à une critique, ou une remarque maladroite – à une personne un tant soit peu bronzée, de nous traiter de racistes. Ça, ça a une sérieuse tendance à m'agacer.

Pourquoi est-ce que je souligne ce point ? Parce qu'on parle beaucoup de discriminations contre les couleurs de peaux, les noirs, les beurs, les asiatiques... Mais on ne parle pas de racisme anti-blanc. Pire : ce type de discrimination n'est pas reconnu par la Halde(Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité). Elle défend la discrimination raciale, sexiste, contre les handicaps... Mais alors, si on a le malheur d'être un homme blanc en bonne santé, on peut aller se faire voir. Ainsi, un homme caucasien de trente ans, le type lambda, se fait agresser par un groupe de jeunes beurs, et meurt dans la lutte : c'est un homicide involontaire. Si un des jeunes meurt dans la lutte, parce que le type, en voulant user de sa légitime défense, a un geste malheureux : c'est un crime de haine.

 

Je caricature peut-être. Mais j'ai déjà entendu ce genre de choses, et ça me rend malade...

 

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Parlons des problèmes dans les cités. Parce que l'argument que j'entends souvent, c'est quelque chose de ce genre :

  • les pauvres, à peine immigrés, ils sont parqués dans des cités, et ne peuvent pas s'intégrer...

FAUX. Archi-faux. Certains s'intègrent, se réclament français, travaillent, et vous remarquerez que ceux-ci font souvent partis des « je n'aime pas les arabes, mais toi je t'aime bien ».

Et puis, l'immigration est un phénomène bien connu. Il n'y a pas que les maghrébins : il y a les chinois (qui en général ne s'intégrent pas, et vivent en communauté auto-gérée qui ne pose pas de problème), les portugais, les italiens, les polonais...

Rien ne m'énerve plus, très franchement que d'entendre : Italie/Maroc/Algérie représente. Ce sont souvent ce qu'on appelle la « troisième génération » : les grands-parents ont fuit quelque chose, ou sont venus en France pour y trouver une vie meilleure, leurs enfants s'intègrent pas trop mal, et leurs petits-enfants... Sont les « racailles » qui font polémique aujourd'hui.

Je suis de cette troisième génération. Ma famille vient d'Italie, qu'elle a fuit pendant la deuxième Guerre Mondiale. Mon grand-père, alors enfant, s'est intégré et a bien réussi sa vie. Mon père a fait son bout de chemin comme il pouvait. Et moi, je suis intégrée, française bien dans ses chaussures, et, bien que j'aie de la famille en Vénétie, je me sens plus française qu'Italienne.

Oh oui, c'est facile pour moi, je suis blanche. C'est vrai. Mais je n'ai jamais eu de crise « Italie représente ». J'ai des amis d'origine marocaine, algérienne, centrafricaine. Et tous, comme moi, se sentent français et se revendiquent français. L'un d'eux a même un père qui sert dans l'armée française...

 

Plus que du racisme, c'est l'intolérance qui me gêne. Dans tous les sens. Des athées envers les catholiques (et, moi qui suis catholique croyante, croyez moi que c'est pas simple tous les jours), les musulmans envers les athées, et vice versa. Je crois que le pire que j'ai pu entendre, c'est un « comment un infidèle peut-il en connaître autant sur l'islam? ».

Alors franchement, si je traitais tous les athées que je croise de « païens », je pense que ça aurait suscité des ennuis très rapidement. Mais étonnamment, ce sont des propos qui n'ont pas choqué. Mon n'homme, à qui ces propos ont été adressés, n'a pas perdu son sang-froid et a gentiment expliqué à la demoiselle que, athée ou non, il avait lu le Coran, chose qu'elle n'avait visiblement pas fait. Je la soupçonne même de n'en avoir croisé aucun dans sa courte vie.

Bon, en parlant de tout cela, je confonds un peu nationalités (ou plutôt éthnies) et religion. Je sais pourtant que maghrébins ne signifie pas musulman, mais j'avoue que les problèmes que j'ai rencontré avec des maghrébins... Bah ils étaient mulsumans. Qu'on ne me dise pas que la religion est un paramètre qui n'a rien à voir : c'est un paramètre qui a tout à voir. En collège, je me suis vue interdire le port d'un pendentif, qui ne faisait pas plus de deux centimètres de long, qui était sous mes tee-shirts, parce que c'était une croix. Dans le même temps, il y avait un débat sur le port du voile. Je n'ai jamais entendu de débat sur le port de la croix, la France est un pays laïque, il était normal de m'interdire de montrer ma religion, même discrètement, en classe. De la même façon, aucun de mes copains juifs ne portaient la kippa, et personne n'a ouvert le débat pour protester. Il n'y a pas de débat à avoir.

 

Je pense que plus que de couleur de peau, le débat qui tourne autour de discrimination raciale est plus une question de minorité qu'autre chose. Le problème n'est pas la couleur, mais le nombre. Cette troisième génération, souvent livrée à elle-même, avec une éducation laxiste, est comme en pleine crise d'identité, et finit par privilégier quelque chose qu'elle ne connait pas forcément – après tout, on critique tellement bien ce qu'on connait, donc on en arrive vite au fait que la France, ça craint, et l'Algérie, cet eldorado inconnu, est le paradis – au détriment du reste.

Mais il faut arrêter de crier au loup de manière aussi systématique. Je ne serais pas étonnée, d'ici un jour ou deux, de voir un « sale raciste » quelque part dans les commentaires. Même si je pense avoir exprimé mon point de vue clairement, expliquant où était le problème que je ressentais.

De la même façon, il faut arrêter d'adopter le point de vue contraire. Je ne défends personne. Je constate. Je constate que si un jour je me fais agresser dans une cité par un homme ou une femme de couleur, je ne pourrais pas bénéficier des mêmes droits que si j'avais été noire. Je constate qu'on hurle à l'égalité, alors qu'on augmente les droits d'une communauté au détriment d'une autre.

Il faut définitivement tout mettre à plat. Voir les choses avec recul. L'égalité, oui. Mais pour tous, et pas juste dans la théorie. Que la Halde reconnaisse le 'racisme anti-blanc'. Qu'on donne aux minorités la possibilité de s'émanciper comme la majorité. Qu'on mette toutes les religions sur un même plan. Et qu'on accepte le fait que, ça nous plaise ou non, nous sommes français.

 

Je finirais avec une citation de Chabal, qui souligne une chose qui nous a tous déjà fait grimacer, en prenant le bus/le train :

 

 

 

 

 

 

A ciao bonsoir o/

Publié dans Pot-Pourri

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K
C'est incroyable, faisant partie de cette population d'immigrés je partage tout à fait ton point de vue. J'ai la double nationalité Franco/Algérienne, née à Alger, ayant vécue 8 ans la-bas pourtant
la France est mon pays d'accueil, le pays qui m'a donné un chance que j'avais je n'aurais eu là-bas. C'est pas parce que l'on est pas français de souche que l'on a pas sa chance, j'ai reçu une très
bonne éducation, je suis respectueuse et discrète bien que Musulmane et croyante, je me suis parfaitement intégrée, j'ai fait je pense de bonnes études et jamais au grand jamais je n'ai souffert de
racisme. Les cité c'est une chose mais je suis désolée on a le choix de prendre sa vie en main, ce n'est pas parce que l'on vit dans un quartier difficile que l'on doit foutre sa vie en l'air. On a
le choix de travailler à l'école au lieu d'aller vendre du shit, si certains sont dans cette galère c'est seulement parce qu'ils ne s'en sont pas donnés les moyens. Et je suis bien d'accord sur un
point la troisième génération est la pire, mes grands-parents sont immigrés et on a jamais rien eu à leur reprocher, ma mère est née en France et idem, alors pourquoi ce mal être avec notre
génération ? Tout simplement parce qu'on recherche la facilité et que l'on a pas compris que la réussite ça se travaille et ça se mérite. La France et notre pays, on se doit d'avoir un minimum de
respect car il ne faut pas oublier une chose, si ces mêmes jeunes de banlieue faisaient là bas ce qu'il font ici, il y a bien longtemps qu'ils auraient eu des ennuis, et là bas les droit de l'homme
on s'en fou, qu'il plus est jamais on accepterais que l'on fasse ça chez nous. J'ai la double nationalité alors ce qui suit ne me concerne pas mais ceux qui sont nés en France devraient se sentir
français avant tout et d'origine maghrébine. On ne nous interdit pas de pratiquer notre religion ni nos coutumes, on nous demande simplement de respecter les autres.
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