Interlude Musical

Publié le par Méli

Parlons de mes year 10 aujourd'hui. Et un peu musique, aussi.
En ce moment, ils sont dans le chapitre « Loisirs », ce qui englobe les vacances, les hobbies, et autres sorties très amusantes. Le tout vu avec mes trois classes donc... Et différents degrés de joie ou d'exaspération, donc.


Commençons par la classe n#1, que nous surnommerons : la classe feignasse, ou celle où les élèves n'en branlent pas une et ne comprennent pas pourquoi ils n'auront jamais un C à leur GCSE de français.

Cette classe est vraiment épatante, et prête à tout pour ne pas avoir à faire le travail. Toutes les excuses sont bonnes, et ils en ont parfois des vraiment destabilisantes, sur le principe du plus c'est gros, plus ça passe. Et donc, ce mardi matin, 8h45, première heure de la journée, je me retrouve à parler vacances avec eux, loisirs, et autres. Eh bah croyez-moi que ce n'est pas triste.
Aujourd'hui, ce sera un rôle-play, basé sur « on est deux amis au téléphone, on veut se retrouver pour faire quelque chose. Tu as un exemple page 76 pour te guider, merci de ne pas lire, de ne faire que t'appuyer dessus. »
Forcément, qu'essaient de faire Kieran et Callum ? Lire. Bien sûr, c'est pas comme si j'avais le livre sous le nez et que je parlais français hein...
Par chance, Tasha et Ben étaient là pour me remonter le moral. Non pas qu'ils soient plus travailleurs que les autres, mais ils ont un minimum de feeling linguistique, ce qui fait qu'en général, avec eux, ça va tout seul.
Bon, outre le fait que Sara ne comprend pas, que Rhiannon répond à côté de la plaque, et que Joe n'a rien révisé, rien d'inhabituel. Le pire est à venir.

 

Parlons de la classe#2, dite aussi la classe mixte – parce qu'il y a à la fois des très bons, et des très mauvais, ce qui est rare dans les classes anglaises, puisque setted– ce qui, je le rappelle, signifie que la classe est soit très bonne, soit particulièrement mauvaise, rarement les deux.
Avec eux, nous faisons des préparations à l'oral, en ce moment, qui aura lieu lors de ma dernière semaine de boulot ici. Ils m'ont dit deux-trois bêtises, mais le pire, ce n'est pas ça.
Le pire, c'est qu'ils doivent me raconter le dernier spectacle musical qu'ils ont vu.
Et que, pour les filles, c'est toujours le même.

C'est ainsi que je connais absolument tous les détails du dernier concert de Justin Bieber à Sheffield. Et croyez-moi, je m'en serais passé. Je sais bien que mes élèves sont des adolescentes de quatorze ans, mais... Mais... Mais j'aurais espéré qu'on m'épargnerait ça. Déjà que j'ai mangé, pendant un mois, tous les jours, un passage devant le poster de la cantine, où il y avait toute la liste de ses concerts dans la région...

 

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Alors, pour les intéressés... Justine Bieber est trop beau, son concert c'était très bien, voire « fantastique » (et je cite), et pis elles se sont super bien amusées ! C'était l'évènement de l'année quoi !
Oui, à cet instant, j'ai fortement regretté ma y12 qui me narguait d'être allée voir Paramore à Sheffield, j'avoue.

Par chance, j'ai eu la classe#3 à la fin de la semaine, pour me remonter le moral ; vous savez, mes y10 choupi, ceux que j'aime beaucoup. Avec eux, on a discuté festivals. Donc, bonne belfortaine, je leur ai parlé des Eurockéennes. Savoir que les Ting Tings et Motörhead venaient cette année m'a aidé à leur prouver que c'était un truc qui détonne sa race, mais ils ont été encore plus impressionnés quand je leur ai dit que Marilyn Manson nous avait honoré de sa présence il y a quelques années.
Je n'avais pas pris conscience que j'avais autant d'entre eux qui aimaient le métal – étant donné qu'ils portent l'uniforme, ça ne se manifeste pas particulièrement, physiquement. Alors si, ils connaissent Oomph!, Marilyn Manson, Korn, Queen of the Stone Age... Et ça, croyez-moi, ça m'a fait plaisir. Parce qu'après Justin Bieber, j'avais bien besoin de ça, même si je suis très sélective en matière de métal (je suis plus hard rock). Au moins, eux, ils ont un minimum de goût !

Tant qu'on est à parler musique...
J'ai fait la découverte d'un grand artiste de la scène française, cette semaine, que je n'avais jamais entendu, et dont on ne m'avait jamais parlé. Interloquée, je suis allée voir sur youtube.
Et là, j'ai fait le deuil de mes oreilles – et de mes yeux, parce que le clip est absolument ignoble. Si vous pensez pouvoir le supporter, voici une petite vidéo, rien que pour vous :

   

   

Je ne vais pas m'amuser à décortiquer le contenu hautement intellectuel de cette chanson, qui n'est malheureusement qu'un exemple parmi tant d'autres des chansons qui passent sur les ondes. Mais, comme je suis habituée à faire des listes de perles, maintenant, je vous donne un petit florilège des absurdités qu'il chante :
→ « Je n'en sortirai pas inerte » - non, vous ne rêvez pas. Nous avons ici un homme qui connait tellement bien la langue française qu'il la refait. Moi qui, naïvement, pensais qu'on disait « je ne m'en sortirai pas indemne »...

→ Dans le couplet : « Un amour sincère dans un monde où le sexe prime », on est d'accord, et dans le refrain : « Au pire celui, qui partage ta nuit/Passer quelques heures avec toi dans ce lit ». C'est moi, ou ça se contredit carrément ?
→ « Mais t'imagines même pas c'que je ressens pour toi/Un truc de dingue, j'peux même pas mettre de mots sur ça » - notez le lyrisme, le style extrêmement recherché ! Oui messieurs dames, c'est de la grande littérature !

→ « Copine/Profiter de la vie c'est la doctrine/Docteur, à mes heures perdues selon le timing » - cette phrase n'a aucune sens. La strophe suivante non plus :

« Doc Reyel pas Gynéco,
Des problèmes de dial',
Ouais je né-co
J'ai étudié la chose à mon école,
Celle des guadeloupéens de la grande époque. »
On est d'accord.

 

La chanson française va mal, mes amis. Très, très mal !

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