Drame et minorités ("Je suis mort à Liège, mon amour")

Publié le par Méli

La nouvelle a fait le tour en un rien de temps. Réseaux sociaux, msn (oui, y'a encore des utilisateurs d'msn), télévision, blogs...

Personne, en même pas 24h, n'a pu passer à côté du drame qui a frappé la Belgique. Qui a secoué la Belgique. Et pour vous dire, même moi, franco-française, qui vit plus vers la Suisse que la Belgique, j'ai été secouée par la nouvelle et par la vague que ça a suscité.

 

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/images/3CFA3FD5-CB31-4F6D-8FF7-9B86F777D715/LRL_03/place-saint-lambert-a-liege-theatre-de-l-effroyable-tuerie-qui-evoque-pour-certains-le-massacre-c.jpg

 

D'abord, ça n'a été qu'un sujet d'actualité, qui passait aux infos. Puis, une seconde plus tard, je me suis rendue compte que je connaissais du monde, à Liège. Deux secondes plus tard, j'ai commencé à m'inquiéter. Pour plusieurs raisons.

 

Pour ces personnes, déjà. Car oui, même si je n'en suis pas spécialement proche, même si je ne les connais pas plus que ça, ça fait quelque chose de se dire que ces personnes, avec qui on a ri, plaisanté, craqué, parfois pleuré, ont pu y laisser la vie. Ca a été le cas, aux dernières nouvelles, d'un bébé, de deux adolescents, d'une personne âgée.

Ca m'a fait plus plaisir que je ne l'ai laissé paraître, hier soir, quand ces personnes sont venues me parler sur msn, où quand je les ai vues connectées. C'est peut-être bête, mais se dire qu'on aurait pu ne plus se parler m'a fait peur. Alors qu'on ne parle pas spécialement beaucoup.

 

Et puis, je me suis inquiétée pour moi. Pour nous. Il y a quelques années, ça n'arrivait qu'aux États-Unis. Et puis, récemment, en Norvège. Et puis en Belgique. Ça se rapproche. Et ça n'arrive pas qu'aux autres.

 

Depuis, j'ai parcouru le net, de lien en lien, guettant ce que des amis à moi postaient sur les réseaux sociaux. Et j'ai fini sur ce blog, sur un article du nom de « je suis mort à Liège, mon amour ». Malheureusement, je ne peux pas vous donner le lien, l'article a été supprimé – par censure, peut-être mais j'en doute fortement, je pense plus que l'auteur, qui avait réagi à chaud, a préféré le supprimer – il y a peu.

En un rien de temps, cet article a suscité une polémique sur la toile. Très bien écrit, rendant bien compte du trouble qu'il avait suscité. Provoquant la polémique en pointant du doigt les origines maghrébines (ou arabes, je ne sais plus) de l'auteur de la tuerie.

 

C'est vrai que l'article a été écrit à chaud. Et c'est vrai qu'après un événement aussi difficile, aussi traumatisant, il est normal qu'on pointe du doigt les problèmes que créent les minorités, quelles qu'elles soient, dans n'importe quelle société. Oui, on ne connait pas les motivations du tueur, oui, la tuerie de Norvège a été perpètrée par un Norvégien blanc bien intégré. Ce n'est pas notre point ici.

Ce n'est pas tant l'article qui m'a choquée – il m'a touchée, au contraire. Non, ce sont les réactions que cela a suscité. Voici un petit florilège, que j'ai pu récolter ça et là :

  • WTF ? MLP au pouvoir ? Tous les arabes des dangers ? C'est indécent, petit, minable. suis mort à Liège, mon amour...

  • ou comment réutiliser un événement tragique/imprévisible pour justifier du racisme ordinaire.

  • Je m'incline devant ce mec. Il a totalement raison. 2012 : Marine Lepen au pouvoir !" - Propos d'une fille

  • Le genre d'article qui me dégoûte au plus haut point. Dans le genre "je suis pas raciste mais", il a fait fort !

 

Par quoi commencer ?

Déjà, j'ai envie de faire remarquer à tout ce beau monde que cet article n'est pas un appel massif au Frontisme. Que le but du jeu n'est pas de dénigrer une communauté.

Mettez vous à la place des autres. Demandez-vous, qu'il soit arabe, jaune, noir, blanc... comment vous auriez réagi, face à une telle situation. Le fait que l'auteur soit maghrébin est un détail, mais forcément, face à ce genre de choses, on se souvient des incendies qui ont déchiré les cités, de la peur au ventre qu'on peut avoir (surtout les femmes) en traversant les cités des grandes villes dès que le soleil commence à décliner, des agresseurs dans les immeubles dans les ZUPs... Alors on fait les liens. Et c'est bien naturel.

 

Après tout, l'assassin de Pascal Légal n'était peut-être pas de couleur – je crois qu'on ne l'a toujours pas trouvé. Ca n'a donc pas eu ce genre de réminescence. C'est le triste sort des minorités visibles.

Mais ne crions pas au racisme trop vite, comme ça. L'auteur a réagi à chaud, ce n'était peut-être pas une bonne idée, mais je comprends l'envie qu'il a eue de s'exprimer. Mais critiquer ainsi, sans faire l'effort de mettre en relief, ça frôle l'idiotie. Surtout quand on accuse de faire de raccourcis, et qu'on en fait soi-même, en lisant l'article pour l'interprêter à son avantage.

 

 

PS : ah tiens, pour les intéressés, l'intégralité de l'article a été reproduit ici, finalement. Les commentaires des internautes valent mon florilège aussi...

Je donne aussi l'article d'Émilie V., parce qu'il m'a prise aux tripes.

 

L'article est un peu décousu, et je m'en excuse. Je n'ai pas les idées très claires sur le sujet, du moins j'ai du mal à trouver les mots pour les exprimer. Et la période de partiels n'arrange rien.

Merci.

Publié dans Vie Quotidienne

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