Devenir prof, c'est pas pour les lopettes

Publié le par Méli

Hm, y'a de la poussière par ici.

Méli a été fort absente ces derniers temps, et s'en excuse. Outre une vie pas toujours passionnante, elle a aussi fait sa brillante entrée en Master 1 MEF en anglais, et elle n'a plus une minute à elle. Cette semaine, des profs sont absents, des cours sautent, des partiels débarquent, donc j'ai, paradoxalement, moins de boulot à la maison et plus de temps pour bichonner ce petit blog tout mignon. Et puis, bientôt les vacances. Et après, le stage.

 

Mais quel stage ?

Eh oui, petits ignorants que vous êtes, vous ne connaissez sans doute pas ma formation. Pas de panique, je vais tout vous expliquer.

Le master MEF est ce qui désormais remplace l'IUFM pour les formations de professeurs du secondaire ; MEF pour Métiers de l'Enseignement et de la Formation. Outre le fait que ce charmant master nous prépare à la nouvelle version du CAPES (qui fiche encore plus la trouille que la précédente), il nous demande aussi un mémoire (en deuxième année) et des stages (de trois semaines pour le semestre 1).

Autant vous dire que ça chôme pas. Ah ça, on est préparé au métier de prof, j'espère juste que j'aurai plus de vie sociale quand j'aurais ces charmants bambins sous ma responsabilité.

Je suis passée des 15heures de cours de licence à 30h par semaine, soit un rythme lycée. Sauf que, chose qu'on n'a pas au lycée, c'est le boulot à côté : préparation de mémoire (si, si, même si on le soutient qu'en deuxième année, on doit commencer à le préparer, on est évalués là dessus), révision, boulot à la maison, sommeil (c'est bien aussi), … Et bien sûr, je suis toujours professeur de soutien, donc j'ai trois charmantes heures de cours à préparer et à donner toutes les semaines.

Je suis lessivée. Pour vous donner un ordre d'idée, vendredi j'avais un partiel, après 7h de cours, ce qui m'a fait en tout 9h ; je suis rentrée à 18h environ, pour... M'effondrer et commencer ma nuit. J'ai dormi jusqu'au lendemain 8h.

Valà valà. Et ce, après cinq semaines. Je vais crever, j'vous dis.

 

Mais là n'est pas le sujet. Les M2 ont réussi avant moi, donc je devrais y arriver.

Je voulais vous parler de nos stages (merveilleux, magnifiques). J'ai trois semaines en novembre, durant lesquels les cours du master d'anglais (pro, recherche et MEF) sont suspendus. Pour ce stage, j'ai fait des voeux d'affectation (notamment Besançon, j'y habite quand même), mais... Mais on nous a bien dit que ça se fait en fonction des places disponibles parce que nos professeurs du secondaire sont réfractaire à la réforme de la formation, donc ils ne veulent pas de stagiaires sous tutelle.

Donc en résumé : pour le moment, pour les M2, sur huit voeux à Besançon, seuls deux stages ont été trouvés. Les autres se sont donc trouvé à Poligny, Pontarlier, et autres patelins perdus dans les montagnes. Maintenant, il faut savoir que les M2 sont prioritaires. Donc les M1 comme moi, ils ont ce qui reste...

Voilà qui est encourageant. Et encore, mes amis, vous ne savez pas la meilleure.

Mon n'homme étant étudiant infirmier, je l'entends souvent pester sur la rémunération de ses stages, qui sont payés au lance-pierre (30€ la semaine) vis à vis des heures quotidiennes qu'ils effectuent. Ces trente euros suffisent à payer les transports, en général, et encore pas toujours.

Tenez vous bien : en MEF, nos stages ne sont pas remunérés. On n'a presque aucune chance d'être affectés à notre lieu de résidence (on est plusieurs à ne plus vivre chez nos parents et donc à être bien installés à Besançon) mais ils sont gentils, ils vont essayer de trouver des stages dans des endroits facilement accessibles en train.

Ils sont conscient du prix du ticket de train pour faire l'aller-retour tous les jours jusqu'à Poligny/Pontalier/Lons-le-Saunier/Arbois ? Ou même Montbéliard, Belfort, Vesoul... Ça chiffre facilement au 50 à 100€ la semaine, car nous sommes nombreux à ne pas avoir de réduction (n'en ayant pas l'utilité).

Ils veulent nous affecter en binôme. Donc à la rigueur, c'est certain que ça reviendrait moins cher au covoiturage. Mais prenons l'exemple de ma magnifique et mythique super 5 :

 

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Elle a un réservoir de 43 litres. Essence. Avec additif plomb. Environ 60€ le plein. A vue de nez, je dirais un plein la semaine, si je devais aller jusque dans le jura. Sur trois semaines, ça fait 180€.

Et je les sors d'où, ces sous ? Je vais quand même pas aller me prostituer pour le sortir, bordel.

« Mais trouve toi un job étudiant plus régulier que trois heures de cours par semaine ! » me direz-vous. Oui mais non. On nous avait déjà annoncé au début de l'année que c'était pas super compatible avec une formation, d'avoir un emploi étudiant. Et je le confirme : mes trois heures de cours, j'ai du mal à trouver du temps pour les préparer. Alors imaginez avec un contrat 15h chez un centre commercial... Aucun d'entre nous n'a de boulot à côté. On ne peut juste pas, c'est pas possible.

 

On dit souvent que l'université est élitiste et à deux vitesses. Jusqu'ici, j'aurais dit oui, mais seulement pour quelques formations sélectives : les grandes écoles, les prépas, où cela demande beaucoup d'argent, tant pour vivre dans les grandes villes, que pour s'inscrire. Mais pas la fac de base et de province.

Mais c'est ce qui arrive à cette formation. Seuls ceux qui ont les moyens – et la motivation, parce qu'on est sous pression – peuvent y arriver.

C'en est au stade où, jusqu'ici, le CAPES était un concours comme un autre : 800 places dans l'Académie, on prend les 800 premiers qui ont été reçu.

L'an passé, sur 800 places dans l'Académie de Besançon, seuls 650 ont été pourvues. Il n'y avait pas assez de reçus pour tous les postes.

 

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