Chroniques d'une prof en stage (1)

Publié le par Méli

Comme je l'avais bien râlé il y a peu, nous, étudiants en MEF, avons un stage obligatoire à effectuer sur une période de trois semaines par semestre en première année. Je suis actuellement en plein dedans, vous le saurez. Je viens de finir ma première semaine, et, avouons le, j'apprends plein de choses. Notamment que les classes françaises me font beaucoup moins rire que les anglaises. Je dirais même que, sur certains points, je suis passablement étonnée de voir des lacunes dans des classes que je ne me souvenais pas avoir (ni moi, ni mes camarades) au même niveau. Ma mémoire me joue-t-elle des tours, ou bien le niveau a-t-il relativement baissé ?

Un peu des deux, apparemment.

 

Je vous avais laissé au point où nous ne savions pas, mes collègues et moi, où notre stage se déroulerait. Eh bien, sachez que nous avons eu notre affectation juste avant les vacances (quelle chance).

 

Pour vous donner un ordre d'idée, nous étions sensés être affectés :

  • en binome ;

  • en collège ;

  • dans un établissement où nous n'avions pas été scolarisé.

http://www.divao.com/imagesteeshirt/meech_blase.png

J'ai été affectée seule dans le lycée où j'ai préparé le bac. Comme quoi, ils sont pas tout à fait au point.
J'ai vite déchanté, rapport au fait que je suis la seule de la promo (à ma connaissance, et je ne compte pas ceux à formation continue) à être salariée à Besançon, et à me retrouver... à une centaine de kilomètres de là. Heureusement que mes parents habitent dans le coin. Sachant qu'une de mes collègues a obtenu une affectation à Besançon, parce qu'elle n'a plus de voiture...

C'est donc avec une joie immense que je fais maison-familiale/lycée tous les jours, soit un trajet d'une cinquantaine de kilomètres par jour. Bon.
Mais j'ai tout de même longuement positivé : au moins, je n'allais pas en terrain complètement inconnu, et j'allais sans doute revoir certains de mes professeurs de lycée !

 

Et ça n'a pas raté : j'ai revu Mme S., ma professeure de spécialité anglais (j'ai par ailleurs appris qu'elle lit mon blog, pression, pression, j'vais faire attention à ce que j'écris maintenant), Mr S., mon professeur d'histoire en terminale (il m'a d'ailleurs reconnue avant même que je le percute), Mme C., professeure d'allemand (qui ne m'a pas remise et qui s'en est excusée maintes fois), Mr B., professeur de philo (il ne m'a pas percutée et c'est très bien comme ça), Mme S., professeure d'anglais (qui m'a fait un grand sourire !), et... pour le moment c'est tout. J'ai vaguement appris que le proviseur et proviseur-adjoint *de mon époque* n'étaient plus là, mais que Mme P., CPE que j'ai eu au collège etau lycée, elle, était toujours là...

Mr T., que j'avais eu en Terminale, n'est plus là, mais je le savais : il nous avait alors annoncé partir travailler à Hong Kong dès la rentrée suivante (oui, rien que ça).

J'ai par ailleurs appris que mon professeur référent, avec lequel je travaille en stage... Est celui qui le remplace dans les cours donnés aux classes préparatoires. La grande classe.

 

Dans le chapitre du positif, j'ai aussi constaté que mes collègues ayant été affectées à Besançon travaillent entre 18 et 21 heures par semaines en observation. Pour ma part, mon référent étant à temps partiel, il ne donne que dix heures de cours. Dont trois à des prépa. Ça me laisse du temps pour me reposer (je commençais à oublier le sens de ce mot), préparer le concours (j'ai enfin trouvé le temps de consulter mon livre sur l'épreuve de traductologie qui moisissait dans mon placard depuis deux mois) et construire mon projet pédagogique (bien que je n'en sois encore qu'au stade de la réflexion).

Vous vous demandez sans doute de quoi il s'agit. En fait, ce stage est tellement bien organisé que je suis arrivée, et mon référent a été étonné que je n'ai pas la moindre idée de ce qu'on devait faire. Bien sûr, je connaissais les grandes lignes (une histoire d'observation et de rapport de stage), mais de là à savoir précisément en quoi ça consistait...
Il m'a donné les papiers que lui-même a reçu concernant ce stage, et celui du mois de mars que je ferai avec lui aussi. Alors c'est à peu près aussi précis que ce que je savais : ça parle d'un stage d'observation et de pratique accompagnée, et de ce qu'on doit plus ou moins faire. Par contre, à aucun moment ça ne dit si en novembre je ne dois faire que de l'observation, ou si j'dois commencer la pratique. Alors finalement, on a pensé que ça devait être à nous de voir, et ainsi, je devrais animer deux cours avec les seconde et deux avec les première la dernière semaine de stage. Et j'avoue que pour ça, j'ai la pression (alors que je ne l'avais pas vraiment eue jusqu'ici).

Et voilà, mon projet pédagogique : construire ces deux cours, avec l'aide de mon référent.

 

Eh bien, croyez-moi, ça n'a pas été simple d'y arriver, à cette conclusion.

 

Outre cela, j'ai été épatée de voir les changements opérés dans le bahut. Autant j'avais déjà été sciée, en allant en Angleterre, de voir tous les équipements mis à disposition de l'école : projecteurs, ordinateurs, laptops pour les élèves, TBI quand on avait de la chance... Et je me suis rendue compte que, tout doucement, ça arrivait chez nous. J'ai donc eu la joie de voir des TBIs dans la majorité des classe (enfin, de celles que j'ai vues), des ordinateurs et des projecteurs dans toutes, des salles refaites à neuf avec de nouvelles tables/chaises... Wah wah wah quoi. Je ne suis pas encore allée mettre mon nez dans les salles informatiques, mais je trépigne d'impatience à cette idée. Il faut aussi que j'aille au CDI, voir comment tout cela a pu changer...

Et la semaine prochaine, une des collègues (que je n'ai jamais eue comme prof) m'a proposé de me montrer comment se servir d'un TBI, histoire de... Huu, j'vais en apprendre des choses.

 

TBILe TBI : un nouveau moyen d'associer passion informatique et envie d'enseigner.
Ou comment transformer un prof en geek (et vice versa)

 

J'en ai déjà apprises plusieurs, par ailleurs. J'avais déjà observé des cours, auparavant, comme assistante, mais c'est vrai que maintenant que je sais plus de choses sur la pédagogie, je vois mieux les mécanismes qui construisent un cours. La façon dont on improvise et surfe sur la vague des connaissances des élèves, celle dont on les amène à ce qu'on veut, comment contourner un détail qu'on ne connait pas pour ne pas que l'élève s'en rende compte... C'est très instructif, et il y a tant de choses que je ne sais pas comment je vais bien pouvoir faire pour tout gérer en même temps.

S'occuper d'une classe, ça n'a rien à voir avec un cours particulier avec un seul élève, ça, c'est certain.

 

J'ai pu voir trois classes, trois niveaux, et trois approches totalement différentes :

  • La seconde : nous sommes en novembre, donc les élèves ont encore un pied dans le fonctionnement du collège. C'est une classe très vivante, et surtout, très bavarde - d'autant plus de 11 à 12, juste avant la pause déjeuner. Les élèves sont souvent pleins de bonne volonté, de ce que j'ai pu voir, et la plupart d'entre eux bavardent gentiment. Il n'y a qu'un petit noyau de trouble-fête. C'est avec cette classe que, lors du premier jour, première heure, une élève a fait un malaise. Mon référent m'a avoué que c'était la première fois qu'il devait évacué ainsi sa classe (pour que l'infirmière puisse s'occuper de l'élève) en 15 ans de carrière. Ça commençait bien.

  • La première : jusqu'ici, je ne les ai vu qu'en groupe restreint, à cause d'un voyage en Angleterre qui a embarqué une bonne partie de la classe. C'est un groupe plutôt moyen, de ce que j'en ai vu jusqu'ici, ni très mauvais, ni très bon, mais surtout, ils m'ont rappelé mes y10 (aujourd'hui y11) de la Tuxford School : ils sont muets comme des carpes. En petit nombre, ils ont un peu participer, mais c'est vrai que les voir juste après les secondes, qui eux sont assez lively, ça fait un choc.

  • La Terminale : alors, non content d'être une bonne classe, c'est en plus la classe Européenne. Pour dire que ce sont des LV2, j'ai été scotchée par leur niveau. J'ai pu lire certaines de leurs productions écrites, et je ne pense pas que j'aurais été capable de faire mieux (au même niveau, voire même en L1) sur un même sujet. Ils ont un vocabulaire riche, une grammaire nickelle, c'est vraiment impressionnant. Et ils ont soifs d'en savoir plus, toujours en train de demander du vocabulaire, et d'avoir besoin qu'on leur en donne plus pour ne pas s'ennuyer. Je n'aurais normalement pas à leur faire cours avant mars, mais cette classe me fait réellement peur. Peur de ne pas être à la hauteur pour les stimuler et les abreuver.

http://e7.img.v4.skyrock.net/e77/hellphone-lefilm/pics/752448483_small.jpg

Il est 11h45 : les seconde ont très faim !

 

Par curiosité, j'ai aussi assisté à un cours de classe préparatoire, pour voir, étant donné qu'ils ne sont pas dans l'enseignement secondaire et que je n'ai normalement pas à m'occuper d'eux. Mais bon, je n'ai trop rien à dire sur le sujet...

J'ai aussi discuté d'un cas, au sujet d'une collègue, qui a deux classes de seconde, avec mon référent. Je m'étonnais que la classe qu'il a était si faible (c'est vrai que j'ai été très surprise de voir des seconde incapables de maîtriser l'ordre des mots dans une question en anglais, mais il a fallut que je me rende compte que c'était tout à fait normal), et il m'a dit avoir une classe plutôt moyenne. Et cette fameuse collègue, qui a la classe Européenne de seconde, elle, a six pointsd'écart de moyenne de classe entre celle-ci, et son autre classe de seconde. En admettant, donc, que la classe euro ait une moyenne de 13, ça fait 7 pour l'autre... Et qu'on monte, ou qu'on descende dans la moyenne, ça reste impressionnant pour les deux classes (dans le bon ou le mauvais sens). Autant dire que, définitivement, un prof ne peut décemment pas ressortir les mêmes cours à toutes ses classes tous les ans : ça ne s'adapte pas du tout à tous les cas de figure.

 

Cet article est moins basé sur des expériences un peu *humoristiques* que je fais d'habitude, mais j'avais bien envie de partager ce stage. Je pense refaire un article chaque semaine que ça durera, pour pouvoir informer les L3 anglais qui auraient envie, l'an prochain, de se lancer dans le suicide social qu'est le master MEF. Les informer comme moi j'aurais aimé pouvoir m'informer.

Bon dimanche les jeunes !

 

PS : j'ai remarqué que le blog ne me publie pas toujours les articles avec la police d'écriture que je lui demande. Je vais voir pour corriger ce petit bug, de façon à homogénéiser tout ce bordel.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article