Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 20:06

Au moment où je vous écris, je suis en plein rapport de stage, et je ne surkiffe pas de devoir le faire. Mon stage s'étant finalement plus concentré sur de la pratique accompagnée (comment préparer un cours et finalement le donner), complèter un rapport de stage d'observation devient complexe. J'ai certes beaucoup observé, mais plus dans une optique purement pratique – je suis très terre à terre – que dans une optique d'analyse. Donc voyez-vous, j'ai du mal, dans l'immédiat. J'ai de quoi faire, mais je suis quand même assez stressée par cette idée de cinq pages à ne pas dépasser... J'ai beaucoup à dire quoi !

 

Vous en savez quelque chose ! Je vous en ai dit des choses, n'est-il point ? Mais je ne vous ai pas donné les moments les plus croustillants : Méli qui prend en charge deux classes, sur deux heures de cours (donc quatre au final) pour la première fois de sa vie.
Alors définitivement : j'avais jamais rien fait du même genre. J'ai été face à des groupes de trente avec un prof, comme assistante ; j'ai fait du soutien en cours de 10h avec trois élèves avec Acadomia ; j'ai fait face à des groupes de 3 et 5 (et ils étaient en classe entière) comme assistante avec les y12 et y13 ; j'ai donné des cours à domicile.
C'est incomparable. Et les quatre heures ne se ressemblaient pas.

 

J'imagine que vous attendez le récit croustillant, donc allons-y...

Les première S :

C'est une classe qu'on m'avait dit silencieuse, voire molle, pas exceptionnelle, mais pas catastrophique non plus. J'ai pu constaté que c'était en effet le cas, une classe moyenne, mais alors dans le genre deadly silent, même un mort ne ferait pas mieux. On entendrait les mouches voler.
Mais le pire, ce n'est pas seulement que les gamins ne participent pas ; non, ils ne causent pas, même entre eux. Rien. Que dalle. Nada. Je crois que même mes regrettés y10 étaient plus bavards...

Avec eux, j'ai eu beaucoup de mal à trouver sur quoi faire le cours. Les idées ne manquaient pas, mais en deux heures, on ne peut pas traiter non plus un sujet aussi vaste que l'Apartheid, par exemple...
Mais finalement, j'ai jeté mon dévolu sur les petits immigrants Mexicains. A la base, le but était de les amener, via une image et un texte, à réviser les comparatifs, l'expression de l'opinion, et de les faire réfléchir sur un sujet d'actualité.
Eh ben ça n'a pas été simple.

 

http://www.mondial-infos.fr/wp-content/uploads/2009/12/fesses.jpgVous vous souvenez bien sûr des 1ère S et de leurs idées conceptuelles sur les fesses?

 

Jour 1, heure 1 (8h-9h) :
On a commencé par une petite image d'un panneau de signalisation, sur le type « immigrants crossing ». Alors là,
no problem. J'ai eu de bonnes idées, des théories farfelues, jusqu'à arriver à l'idée de l'immigration, ça se passe bien. Les première ont besoin d'être motivés, secoués, solicités en permanence, mais ils ont un prof tout nouveau face à eux et font preuve de bonne volonté. Ils participent relativement bien. Je décroche même un howeverd'une élève en grosses difficultés, de bonnes constructions, pas mal.
On base la seconde partie de l'heure sur un texte, on le lit, on le résume, on en parle un peu. Encore une fois, ça tourne plutôt bien. On finit pas trop mal, à l'heure, en ayant eu le temps de prendre de l'avance sur les devoirs que je comptais leur donner pour le lendemain.

 

Jour 2, heure 2 (le lendemain, 8h-9h) :

Alors là, je les ai vu arriver... Ils avaient l'air bien moins réveillés que la veille. Jeune prof encore pleine d'illusions, je commence par un recap un peu mou, où peu de personnes arrivent à me dire ce qu'on a fait la veille. Bon. On reprend sur le petit point de grammaire qu'on avait laissé derrière nous l'heure précédente...
Oh, mon, dieu. Je m'étais dit qu'on allait profiter du texte, qui s'y prêtait bien, pour causer comparatif/superlatif. Une notion vue en cinquième, ou en quatrième. En tout cas, une notion vue depuis un looooong moment. J'avais donc prévu d'y passer une dizaine de minutes max, histoire de faire une piqûre de rappel.
Une demi-heure. On est resté une demi-heure dessus. Ils n'y étaient pas, ils n'avaient pas l'air de suivre. Trois fois je leur ai demandé si ça allait, s'ils comprenaient. Mais non. Une demi-heure plus tard, je n'étais pas sûre que tout le monde ait bien assimilé...

L'activité de vocab, à côté de ça, est allée toute seule.
Bon, les première me semblent repartis, je me dis que je vais pouvoir les lancer sur une petite réflexion personnelle... Bah c'était définitivement pas leur jour. J'ai commencé par leur parler de réfléchir sur l'immigration. Puis de comparer avec une situation familière. Puis je leur ai dit que c'était quelque chose qu'ils vivaient tous les jours. Dans leur pays.

Cinq bonnes minutes plus tard, je me suis décidée à interroger une des filles qui sont bonnes dans la matière, pour obtenir « Africans come to France to have a better life ». FIOU. Ce fut long et dur. On a laissé tomber la construction d'une petite argumentation et l'expression de l'opinion. Le prof titulaire ayant des mots à dire à sa classe, je lui ai laissé la main, en expliquant bien aux élèves que la séance du jour avait été très moyenne, surtout vis à vis de la précédente...

 

http://studentsschool.com/wp-content/uploads/2009/08/Tips-to-avoid-sleeping-in-class-for-students-school.jpgToi aussi, petit, tu iras en 1ère S...

 

Les secondes :

Aaaah, alors eux, ils sont différents. Très francs. Très vivants. Quelque part, ce sont encore des troisième, arrivés ici un peu par hasard.

Le fait étonnant avec eux, c'est que quelques filles fortes têtes avec leur prof ont bien daigné participer (et parfois beaucoup, Camille, qui avait une extinction de voix, a participé au moins quatre fois sur les deux heures) et je suis sortie au final avec la certitude d'un travail accompli : ils avaient compris.

J'avais été ambitieuse, pour eux ; le prof étant dans l'unité sur New York, je suis partie sur un travail autour du Melting-Pot. Clichés, nationalités, rumeur, le passif impersonnel... Il y avait un long travail autour, qui allait bien, et qui rentrait bien dans les deux heures. Le passif impersonnel est quelque chose de complexe, mais visiblement... Il est passé !

 

Jour 1, Heure 1 (9h-10h) :

Je sors à peine du cours 1 avec les première. J'entre dans la salle, et... J'attends. Beaucoup des gamins ont cours de français, juste avant, et ont tendance à arriver en retard. Je commence donc en retard.

Un vrai plaisir. Certes, ils bavardent, ils sont excités et il faut savoir les canaliser. Mais ils participent volontiers, et se lancent sans honte, quitte à faire des erreurs. Alors imaginez, quand je leur ai projeté une image de stéréotype d'un chinois, ils s'en sont donné à coeur joie. Pareil quand il a s'agit de trouver des clichés.

En une heure, deux images traitées, et quelques clichés. Mais des élèves de bonne humeur. Et un début de point sur le passif. On a un peu échangé sur le sujet, rappelé de quoi il s'agissait... Bien, la récréation sonne... On reprend après.

 

Jour 1, Heure 2 (11h-12h) :

Une heure plus tard, nous commençons plus ou moins à l'heure. On reprend notre recherche des clichés, vis à vis d'adjectifs (sur un conseil de mon tuteur, pour que ce soit plus simple). Et maintenant, il s'agit de faire la connaissance du passif impersonnel (le « on » français). Et bien, finalement, ça passe bien. On explique une fois, on fait des exemples pour que tout s'incruste en tête des gamins. Certains comprennent.

Et là, l'avantage de la classe, très franche, sort : « Madame, moi j'ai pas compris ! » C'est une surprise. En trois semaines, je n'avais pas encore entendu la voix de Marine (surprise pour mon tuteur aussi), à qui j'ai tout réexpliqué, et fait faire un exemple. Et je suis certaine, à l'heure d'aujourd'hui, qu'elle a compris.

Comme tous. Ils se sont amusés à reformuler des clichés via cette formulation, ont vite trouvé son équivalent français (le « on » donc), et m'ont permis de repartir sur New York. On a vu les nationalités, les quartiers où certaines se concentraient (Little Italy, China Town...) ; et enfin, ils ont pu formuler, en anglais s'il vous plait, ce qu'était un Melting-Pot.

Et hop, il est 12h. La sonnerie retentit dans trois minutes, je les laisse filer pour profiter de leur avance à la cantine.

 

L'expérience a été gé-niale. Je me suis sentie très à l'aise, face à eux, et d'après mon tuteur, je suis définitivement faite pour ce métier – j'ai les réflexes qu'il faut, déjà, de bonnes idées, c'est vraiment réconfortant.

Je n'ai aucune envie de retourner à la fac. Aucune de passer le concours. Qu'une hâte : y retourner au mois de mars, redonner des cours, recommencer. De jour en jour, je sais un peu plus que c'est le boulot qui est fait pour moi.

Et je ne lâcherai pas l'affaire.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 16:56

 

J'ai, aujourd'hui, eu une discussion très intéressante avec ma sœur.

(Pour les intéressés, ma sœur a 13 ans et est au collège)

Nous parlions de ma journée de stage (où j'ai donné mon very first cours toute seule, héhé), et nous avons progressivement dérivé sur son collège, et ses équipements. Il faut savoir que dans ledit collège, il y a en tout et pour tout un TBI – ce qui, j'en conviens, n'est pas si mal, mais attendez la suite – et une poignée de projecteurs à droite, à gauche. Attention, nous parlons de projecteurs, pas de rétroprojecteurs. Le projo est un appareil souvent fixé au plafond et raccordé à un ordinateur dans la salle de classe, permettant aux élèves de voir ce qu'on trouve sur l'écran d'ordi. Dans le lycée où je travaille en ce moment, l'image est projetée via le TBI, ce qui fait qu'on n'a pas besoin forcément de passer quinze heures à régler la taille de l'image projetée – et le top, c'est que maintenant, fini les transparents, nous passons à la couleur, wouhou !

http://lewebpedagogique.com/moscm1/files/2010/11/paysages-006.jpg
N'est-ce pas magnifique, la magie d'un TBI? **


Bien, même si l'académie se met peu à peu aux technologies, malgré notre situation géographique reculée, ce cas n'est pas isolé. Certains établissements sont fully-equipped, d'autres non. Le changement est en cours.

Là où j'ai tiré une tronche, c'est quand j'ai appris tout ce qui était à disposition des élèves. Alors, depuis quelques années, une nouvelle cantine était en construction, et a ouvert il y a trois ou quatre ans. L'ancienne a donc fermé, mais il a fallu l'aménager. Nouvelles salles de classes, nouvelle salle des profs, et une salle d'audio-visuel.

 

Là, j'applaudis des deux mains. C'est vrai que ce genre de chose est vraiment un plus dans un établissement. Donc, encore une fois, ce n'est pas ce qui m'a tuée.

 

Ce qui m'a tuée, c'est ce qu'on appelle le foyer, ou plus formellement la maison des collégiens. Alors un truc bien, c'est la récupération des anciens fauteuils de la salle des profs pour les élèves – même si je pense que remplacer les fauteuils ne devait pas spécialement être une priorité, y'a des salles où il y a les mêmes chaises que les élèves, et c'est très bien...

Mais dans ce foyer, il y a un écran plat. Sachant que le foyer est à disposition totale des gamins, donc expliquez-moi ce qu'une télé fiche là ! Mais oui, entre deux cours, regardons la dernière émission de télé réalité à la mode ! Et prochainement, il va y avoir...

Un baby-foot. Expliquez-moi la démarche pédagogique derrière l'achat d'un baby-foot. Alors on va me dire « oui, tu comprends, c'est pour que les gamins puissent se détendre ». Euh ouais. Mais non. Ils ont déjà des fauteuils, et un écran plat, et un CDI, et une salle info... Et puis, il faut savoir que ledit foyer est sous l'entière responsabilité des élèves. Ca, c'est pas mal dans la théorie : ça les responsabilise, tout ça... Mais il n'y a jamais le moindre adulte là-bas. Non, c'est toujours un troisième, ou un quatrième, éventuellement un cinquième, qui chapeaute – oui, on sait tous que les grands de cinquième ont peur de la menace terrible que représente un élève de cinquième. Et donc, si les gamins sans surveillance font trop de bruit dans le foyer – ce serait étrange, non, pour des adolescents livrés à eux-mêmes ? – eh bien... Le foyer est fermé pendant quelques jours, qui peuvent devenir des semaines, et si j'écoute ma fratrie, ça peut aller à deux mois – ça me semble beaucoup, je soupçonne de l'exagération.

http://www.penalti.fr/dotclear/public/BABY_FOOT_BONZINI_stadium.jpg
Le dernier outil pédagogique indispensable.

 

 

Alors franchement : pour un endroit qui n'est pas propice au travail des élèves – c'est bien le but d'un établissement scolaire, non ? – et qui est fermé au moindre petit bavardage de trop, c'est assez épatant qu'on y mette autant de frais...

Tant d'argent qui ne partira pas dans l'équipement scolaire. Ou dans le renouvellement des manuels. Ou dans le renouvellement des ouvrages du CDI. Ou dans la rénovation de la cour de récréation... Ou le renouvellement du matériel de sport. Et j'ai encore plein d'idées pour ça – quand il s'agit de dépenser, on a toujours plein d'idées.

Alors pour un bahut fraîchement rénové – et qui en avait besoin – on pourrait penser qu'il y a d'autres priorités que d'acheter un baby-foot... Je n'ai jamais géré le budget d'un collège, j'avoue que je ne sais pas la galère que ce doit être. Mais faut pas pousser, quand même, faut pas avoir fait bac+10 pour se douter qu'un bahut peut se passer d'un baby-foot...

 

Prochainement, des nouvelles de la fin de mon stage. Ca se passe super bien ! Même qu'Acadomia m'a redonné du boulot, héhé ! 

 

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 17:38

J'avoue, j'avais oublié. C'est dingue comme en quelques mois seulement, on oublie une expérience pareille. Pourtant, « j'ai baisé ta mère » (je vous avais parlé de ce y11 qui avait lâché ça dans un couloir ?) aurait du me rappeler que les élèves, français, anglais, ou martiens, ne se rendent pas compte que les professeurs ont des oreilles. Ou bien ils pensent qu'au delà de deux mètres, les professeurs ont une ouïe plus que défaillante.

Je ne manquais pas à la règle, à leur place, je pense, avec ma désormais légendaire discrètion...

Enfin bon. J'ai quelques petites anecdotes du genre (oui, déjà) à vous raconter sur le sujet.

 

http://cache.cosmopolitan.fr/data/photo/w228_c18/7d8c9e16e_mango.jpg

Alors déjà, les Prépa. J'ai pu les voir dans un cours, même si ça ne me concerne pas vraiment – puisqu'ils ne sont pas dans le secondaire – mais sans plus. Et je les ai vu, dans un couloir, en attendant mon référent. Et là, je surprends une conversation sur les profs d'anglais. Mais oui. C'est pas comme si j'étais deux mètres plus loin, et très visible dans mon manteau rouge.

Ça parlait de M. S., qui n'est pas professeur dans ce lycée. Je le connais de nom, parce que lorsque j'ai passé mon bac oral d'anglais, j'étais avec des élèves qui l'avaient eu dans un autre lycée de la même ville.

« Non mais il était pas top, Monsieur S., quoi, j'préfère Monsieur P., il est juste trop bien comme prof !
- Trop pas, Monsieur S. était totalement différent, c'est juste que c'était plus difficile, mais je l'aimais bien moi ! »

C'en suit une longue discussion sur le sujet... Une discussion normale d'élèves, prépa ou pas. Enfin bon, quand je potine sur mes profs de fac, j'ai la décence de ne pas le faire devant l'un d'eux...

 

 

Mais vous vous doutez que ce n'est pas le plus croustillant. Bien sûr, j'en ai gardé d'autres sous le coude...

Entre autres ; comme les anciens élèves de ce lycée se souviendront, l'extérieur de la cour, juste devant les grilles, est ze place to be quand on est fumeur. Et croyez moi, il n'y a pas que du tabac. Et quand j'y étais moi-même élève, je connaissais du monde qui touchait à du matos un peu plus dur qu'un simple pétard... (non, je n'y touchais pas, je suis prude, moi, vous voyez)

Alors il doit être une heure moins le quart, je rentre de ma pause déjeuner, et j'entends deux élèves discuter sans vraiment faire attention. Et puis j'entends un :

« Ta gueule, c'est une prof !
- Mais on s'en fout, tout le monde sait que tu fume DES PÉTARDS ! »

(les majuscules ne sont pas là pour mettre en valeur et dire drugs are bad, m'kay, mais parce que la jeune fille l'a crié à plein poumons dans mon oreille désormais décédée)

 

Raaah, ça m'avait manqué. Une dernière pour la route ?

Ah, c'est bien parce que j'ai gardé la plus croustillante pour la fin.

Encore une fois, je suis dans les couloirs, et je croise des élèves que je reconnais immédiatement comme étant en première scientifique. Je ne fais que passer, mais la simple phrase que j'ai entendu vaut le tact de mes anciens y11...

« Non mais deux heures de maths, c'est comme la sodomie : au début, ça va, mais après deux heures, ça fait mal au cul. »

o.o what ?

 

http://www.kaotique.com/wp-content/uploads/2007/11/grosses-fesses.jpg

Les 1ère S sont en pleines révisions du bac

 

Voici mes anecdotes so far. Sinon, les seconde étaient plutôt mignons, ce matin, pas trop bruyants ni rien. Et c'est officiel, je devrais faire classe à eux, ainsi qu'aux première, pendant deux heures, la semaine prochaine (dernière semaine de stage). J'ai déjà un projet pédagogique pour mon stage de mars, et je sais autour de quoi vont tourner mes séances de seconde. Il faut que je cogite encore pour mes première, mais je gère. Je vais trouver.

See you folks o/

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 12:34

Comme je l'avais bien râlé il y a peu, nous, étudiants en MEF, avons un stage obligatoire à effectuer sur une période de trois semaines par semestre en première année. Je suis actuellement en plein dedans, vous le saurez. Je viens de finir ma première semaine, et, avouons le, j'apprends plein de choses. Notamment que les classes françaises me font beaucoup moins rire que les anglaises. Je dirais même que, sur certains points, je suis passablement étonnée de voir des lacunes dans des classes que je ne me souvenais pas avoir (ni moi, ni mes camarades) au même niveau. Ma mémoire me joue-t-elle des tours, ou bien le niveau a-t-il relativement baissé ?

Un peu des deux, apparemment.

 

Je vous avais laissé au point où nous ne savions pas, mes collègues et moi, où notre stage se déroulerait. Eh bien, sachez que nous avons eu notre affectation juste avant les vacances (quelle chance).

 

Pour vous donner un ordre d'idée, nous étions sensés être affectés :

  • en binome ;

  • en collège ;

  • dans un établissement où nous n'avions pas été scolarisé.

http://www.divao.com/imagesteeshirt/meech_blase.png

J'ai été affectée seule dans le lycée où j'ai préparé le bac. Comme quoi, ils sont pas tout à fait au point.
J'ai vite déchanté, rapport au fait que je suis la seule de la promo (à ma connaissance, et je ne compte pas ceux à formation continue) à être salariée à Besançon, et à me retrouver... à une centaine de kilomètres de là. Heureusement que mes parents habitent dans le coin. Sachant qu'une de mes collègues a obtenu une affectation à Besançon, parce qu'elle n'a plus de voiture...

C'est donc avec une joie immense que je fais maison-familiale/lycée tous les jours, soit un trajet d'une cinquantaine de kilomètres par jour. Bon.
Mais j'ai tout de même longuement positivé : au moins, je n'allais pas en terrain complètement inconnu, et j'allais sans doute revoir certains de mes professeurs de lycée !

 

Et ça n'a pas raté : j'ai revu Mme S., ma professeure de spécialité anglais (j'ai par ailleurs appris qu'elle lit mon blog, pression, pression, j'vais faire attention à ce que j'écris maintenant), Mr S., mon professeur d'histoire en terminale (il m'a d'ailleurs reconnue avant même que je le percute), Mme C., professeure d'allemand (qui ne m'a pas remise et qui s'en est excusée maintes fois), Mr B., professeur de philo (il ne m'a pas percutée et c'est très bien comme ça), Mme S., professeure d'anglais (qui m'a fait un grand sourire !), et... pour le moment c'est tout. J'ai vaguement appris que le proviseur et proviseur-adjoint *de mon époque* n'étaient plus là, mais que Mme P., CPE que j'ai eu au collège etau lycée, elle, était toujours là...

Mr T., que j'avais eu en Terminale, n'est plus là, mais je le savais : il nous avait alors annoncé partir travailler à Hong Kong dès la rentrée suivante (oui, rien que ça).

J'ai par ailleurs appris que mon professeur référent, avec lequel je travaille en stage... Est celui qui le remplace dans les cours donnés aux classes préparatoires. La grande classe.

 

Dans le chapitre du positif, j'ai aussi constaté que mes collègues ayant été affectées à Besançon travaillent entre 18 et 21 heures par semaines en observation. Pour ma part, mon référent étant à temps partiel, il ne donne que dix heures de cours. Dont trois à des prépa. Ça me laisse du temps pour me reposer (je commençais à oublier le sens de ce mot), préparer le concours (j'ai enfin trouvé le temps de consulter mon livre sur l'épreuve de traductologie qui moisissait dans mon placard depuis deux mois) et construire mon projet pédagogique (bien que je n'en sois encore qu'au stade de la réflexion).

Vous vous demandez sans doute de quoi il s'agit. En fait, ce stage est tellement bien organisé que je suis arrivée, et mon référent a été étonné que je n'ai pas la moindre idée de ce qu'on devait faire. Bien sûr, je connaissais les grandes lignes (une histoire d'observation et de rapport de stage), mais de là à savoir précisément en quoi ça consistait...
Il m'a donné les papiers que lui-même a reçu concernant ce stage, et celui du mois de mars que je ferai avec lui aussi. Alors c'est à peu près aussi précis que ce que je savais : ça parle d'un stage d'observation et de pratique accompagnée, et de ce qu'on doit plus ou moins faire. Par contre, à aucun moment ça ne dit si en novembre je ne dois faire que de l'observation, ou si j'dois commencer la pratique. Alors finalement, on a pensé que ça devait être à nous de voir, et ainsi, je devrais animer deux cours avec les seconde et deux avec les première la dernière semaine de stage. Et j'avoue que pour ça, j'ai la pression (alors que je ne l'avais pas vraiment eue jusqu'ici).

Et voilà, mon projet pédagogique : construire ces deux cours, avec l'aide de mon référent.

 

Eh bien, croyez-moi, ça n'a pas été simple d'y arriver, à cette conclusion.

 

Outre cela, j'ai été épatée de voir les changements opérés dans le bahut. Autant j'avais déjà été sciée, en allant en Angleterre, de voir tous les équipements mis à disposition de l'école : projecteurs, ordinateurs, laptops pour les élèves, TBI quand on avait de la chance... Et je me suis rendue compte que, tout doucement, ça arrivait chez nous. J'ai donc eu la joie de voir des TBIs dans la majorité des classe (enfin, de celles que j'ai vues), des ordinateurs et des projecteurs dans toutes, des salles refaites à neuf avec de nouvelles tables/chaises... Wah wah wah quoi. Je ne suis pas encore allée mettre mon nez dans les salles informatiques, mais je trépigne d'impatience à cette idée. Il faut aussi que j'aille au CDI, voir comment tout cela a pu changer...

Et la semaine prochaine, une des collègues (que je n'ai jamais eue comme prof) m'a proposé de me montrer comment se servir d'un TBI, histoire de... Huu, j'vais en apprendre des choses.

 

TBILe TBI : un nouveau moyen d'associer passion informatique et envie d'enseigner.
Ou comment transformer un prof en geek (et vice versa)

 

J'en ai déjà apprises plusieurs, par ailleurs. J'avais déjà observé des cours, auparavant, comme assistante, mais c'est vrai que maintenant que je sais plus de choses sur la pédagogie, je vois mieux les mécanismes qui construisent un cours. La façon dont on improvise et surfe sur la vague des connaissances des élèves, celle dont on les amène à ce qu'on veut, comment contourner un détail qu'on ne connait pas pour ne pas que l'élève s'en rende compte... C'est très instructif, et il y a tant de choses que je ne sais pas comment je vais bien pouvoir faire pour tout gérer en même temps.

S'occuper d'une classe, ça n'a rien à voir avec un cours particulier avec un seul élève, ça, c'est certain.

 

J'ai pu voir trois classes, trois niveaux, et trois approches totalement différentes :

  • La seconde : nous sommes en novembre, donc les élèves ont encore un pied dans le fonctionnement du collège. C'est une classe très vivante, et surtout, très bavarde - d'autant plus de 11 à 12, juste avant la pause déjeuner. Les élèves sont souvent pleins de bonne volonté, de ce que j'ai pu voir, et la plupart d'entre eux bavardent gentiment. Il n'y a qu'un petit noyau de trouble-fête. C'est avec cette classe que, lors du premier jour, première heure, une élève a fait un malaise. Mon référent m'a avoué que c'était la première fois qu'il devait évacué ainsi sa classe (pour que l'infirmière puisse s'occuper de l'élève) en 15 ans de carrière. Ça commençait bien.

  • La première : jusqu'ici, je ne les ai vu qu'en groupe restreint, à cause d'un voyage en Angleterre qui a embarqué une bonne partie de la classe. C'est un groupe plutôt moyen, de ce que j'en ai vu jusqu'ici, ni très mauvais, ni très bon, mais surtout, ils m'ont rappelé mes y10 (aujourd'hui y11) de la Tuxford School : ils sont muets comme des carpes. En petit nombre, ils ont un peu participer, mais c'est vrai que les voir juste après les secondes, qui eux sont assez lively, ça fait un choc.

  • La Terminale : alors, non content d'être une bonne classe, c'est en plus la classe Européenne. Pour dire que ce sont des LV2, j'ai été scotchée par leur niveau. J'ai pu lire certaines de leurs productions écrites, et je ne pense pas que j'aurais été capable de faire mieux (au même niveau, voire même en L1) sur un même sujet. Ils ont un vocabulaire riche, une grammaire nickelle, c'est vraiment impressionnant. Et ils ont soifs d'en savoir plus, toujours en train de demander du vocabulaire, et d'avoir besoin qu'on leur en donne plus pour ne pas s'ennuyer. Je n'aurais normalement pas à leur faire cours avant mars, mais cette classe me fait réellement peur. Peur de ne pas être à la hauteur pour les stimuler et les abreuver.

http://e7.img.v4.skyrock.net/e77/hellphone-lefilm/pics/752448483_small.jpg

Il est 11h45 : les seconde ont très faim !

 

Par curiosité, j'ai aussi assisté à un cours de classe préparatoire, pour voir, étant donné qu'ils ne sont pas dans l'enseignement secondaire et que je n'ai normalement pas à m'occuper d'eux. Mais bon, je n'ai trop rien à dire sur le sujet...

J'ai aussi discuté d'un cas, au sujet d'une collègue, qui a deux classes de seconde, avec mon référent. Je m'étonnais que la classe qu'il a était si faible (c'est vrai que j'ai été très surprise de voir des seconde incapables de maîtriser l'ordre des mots dans une question en anglais, mais il a fallut que je me rende compte que c'était tout à fait normal), et il m'a dit avoir une classe plutôt moyenne. Et cette fameuse collègue, qui a la classe Européenne de seconde, elle, a six pointsd'écart de moyenne de classe entre celle-ci, et son autre classe de seconde. En admettant, donc, que la classe euro ait une moyenne de 13, ça fait 7 pour l'autre... Et qu'on monte, ou qu'on descende dans la moyenne, ça reste impressionnant pour les deux classes (dans le bon ou le mauvais sens). Autant dire que, définitivement, un prof ne peut décemment pas ressortir les mêmes cours à toutes ses classes tous les ans : ça ne s'adapte pas du tout à tous les cas de figure.

 

Cet article est moins basé sur des expériences un peu *humoristiques* que je fais d'habitude, mais j'avais bien envie de partager ce stage. Je pense refaire un article chaque semaine que ça durera, pour pouvoir informer les L3 anglais qui auraient envie, l'an prochain, de se lancer dans le suicide social qu'est le master MEF. Les informer comme moi j'aurais aimé pouvoir m'informer.

Bon dimanche les jeunes !

 

PS : j'ai remarqué que le blog ne me publie pas toujours les articles avec la police d'écriture que je lui demande. Je vais voir pour corriger ce petit bug, de façon à homogénéiser tout ce bordel.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 15:13

 

J'ai bien envie de parler cinéma aujourd'hui.

Pour ceux que ça intéresse, avant cela, j'ai eu mon affectation de stage, donc je vais aller chez mes parents pendant trois semaines. Je suis la seule de la promo à être affectée en lycée, d'autant plus dans celui où j'ai passé ma scolarité. C'était sensé être une affectation dans un collège inconnu...

Enfin bref, cinéma, disais-je. J'ai vu pas mal de films ces derniers temps. Et énormément de bandes annonces.

En matière de films, j'ai récemment vu …

  • Bad Teacher

  • Drive

  • Les Trois Mousquetaires

J'avais en projet d'aller voir The Artistaussi ; déjà parce que l'idée me plaît, et ensuite parce qu'il nous a été expressement demandé par notre professeure d'arts visuels de nous y rendre. Mais, des deux, hier soir, Les Trois Mousquetaires m'a séduite davantage. Peut-être parce que je savais que j'allais me marrer. Le film a dépassé mes espérances. Les incohérences historiques (je ne parle même pas des scénaristiques...) m'ont achevées – on a cessé de les compter quand ça dépassait les deux chiffres. Le bateau qui vole, Louis XIII tourné en dérision... Sans parler que c'est sensé être une adaptation du roman d'Alexandre Dumas.

Hm. Bah à part le titre et le nom des personnages, il faudra me dire où on a vu l'adaptation...

 

Maaaais je ne compte pas aborder les films que j'ai vu. D'autres le font mieux que moi. Non, je vais vous parler des quelques bandes annonces alléchantes que j'ai vues. Notamment celle-ci, qui, si vous avez déjà eu l'occasion de lire mes articles, va vous parler...

 

 

 

 

Alors bien sûr, il y a là-dedans les âneries habituelles, comme le loup-garou qui a besoin d'enlever son tee-shirt, sous la pluie (oui, la pluie pour symboliser le fait qu'il soit tout triste le choupi), afin de se transformer. Il y a aussi les ingrédients de base pour donner envie au grand public d'aller voir un film, notamment du cul (superbe micro-scène d'une seconde où on voit Vampire Boy engrosser son humaine, ou une autre où on les voit se baigner, et probablement jouer à Loana&Charles-Edouard dans un lac). Et enfin, nous avons exactement tous les éléments spoilers du film : Bella va se marier avec Edward, ils vont enfin coucher ensemble (il me semble que, d'après ce qu'on m'avait dit, ils ne sont pas sensé coucher avec le chapitre 4), et surtout, Bella va avoir un vilain bébé vampire.

Alors oublions le fait que tout cela n'est juste pas possible, même en admettant que les vampires existent, et attardons nous sur la toute fin de la BA :

 

- Breaking Dawn -

Part one

 

Non mais parce qu'en plus, ils vont nous la faire en deux parties ? Genre à la Harry Potter ? Vous allez quand même pas me dire que le livre est trop dense pour qu'on en fasse deux films, quoi ?

Et aux fans qui me disent que je ne sais pas de quoi je parle : j'ai lu un passage en anglais (donc de la langue de l'auteur) de ce bouquin, afin de l'étudier avec des élèves (puisqu'ils aiment ça, ces masos). Et très sincèrement : je ne supporte pas son style d'écrire que je qualifierais d'assez atroce, à décrire chaque petit détail en quinze phrases... On dirait une très mauvaise (très mauvaise !) imitation de Zola...

Si j'ai été assez masochiste pour aller voir les Trois Mousquetaires, comptez pas sur moi pour aller voir une telle bouillie cérébrale...

 

Sinon, qu'ai-je vu ?

J'ai vu ça...

 

 

 

 

Bon je n'ai jamais été très fan de Tintin, même quand j'étais gamine. Mais j'ai revu le dessin animé récemment, sur le secret de la licorne. De fait, j'ai une vue assez précise de ce qu'il s'y passe. Et quand j'ai vu ça, premier choc : mon dieu, la tête de Tintin. C'est quoi ce gamin prépubère avec ce visage de jeune premier ? Le seul point commun avec le Tintin de mon enfance, c'est la houpette.

Parlons de Milou. Que lui a-t-on fait ? C'est devenu un chien comme un autre... Plus ces expressions typiques. Plus qu'un vulgaire fox-terrier...

Bon, reconnaissons que le capitaine Haddock a l'air d'être à peu près fidèle. J'espère qu'il traitera quand même ses adversaires de troglodytes, comme dans les dessins animés...

Je crois ne pas avoir vu de différences entre les Dupont, pas même dans leur moustache...

Et enfin, pour l'amour du ciel : quand comprendront-ils que la 3D c'est moche ? Garfield, Léonard, Tintin, les schtroupmfs... Le dessin animéc'était tellement mieux...

 

Voilà voilà, article court sur les films des actualités. Sinon, Driven'est pas top, Bad Teacherest marrant, et les Trois mousquetaires  se passe de commentaire (mention spéciale au Cardinal de Richelieu qui jouait un lieutenant nazi dans Iglorious Basterds).

See you later guys !

Par Méli - Publié dans : Bouillon de Culture
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