Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 16:15

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Aujourd'hui, je me promenais sur la toile, et je suis allée voir si Princesse Soso avait mis son blog à jour. C'est ainsi que je suis tombée sur son article, qui reprenait un article du Figaro, sur l'école française et sa perdition,.

 

Pour ceux qui auront la flemme de lire ces deux articles conséquents, on peut dire qu'ils sont pleins de bon sens. Ils soulèvent des problèmes que j'ai trop souvent entendu, souvent relayés par des ministres de l'éducation voulant faire de l'école un haut-lieu de la politique. Et c'est ainsi qu'arrivent des problèmes qui sont venus à toutes les oreilles : la violence à l'école, le traumatisme des notes, l'égalité absolue, l'absence de compétition (parce que c'est humiliant pour les mauvais élèves), les lacunes qu'on trouve dans les classes et chez certains élèves, les grandes difficultés, la mise à mort de l'orthographe de notre si belle langue... Et j'en passe et des meilleurs.

Ces notions que je n'ai jamaisrencontrées dans le système anglo-saxon, où l'on fait les classes selon les niveaux des élèves, où on note via des niveaux, où certains examens ont une version facile et une version hardcore, où l'apprentissage par coeur n'est pas stigmatisé... Et les élèves que j'ai pu voir n'étaient pas traumatisés le moins du monde, pas même ceux des tout derniers sets, qui étaient même plus que motivés. Et les set oneétaient souvent boostés, et dès qu'ils avaient de mauvais résultats, on leur rappelait qu'ils étaient les meilleurs, et que s'ils ne travaillaient pas plus, ils iraient dans un set inférieur.

 

Cet article est tout en contraste vis à vis de ce que j'expérimente chaque jour : la formation des enseignants. En didactique, on nous enseigne l'égalité, on nous rabache qu'il ne faut pas jouer la carte de la valorisation – parce que ça humilie les autres élèves – on nous explique bien l'importance des savoir-faire et des savoir-être plus que du savoir en lui-même.

Ce qui m'a presque choquée dans mes cours, c'est le jour où l'une de mes profs nous a dit que le plus important, quand un élève s'exprimait en langue étrangère, c'était l'intelligibilité. Pas la grammaire. Pas le vocabulaire. Mais le fait que l'interlocuteur natif puisse comprendre sans mal. Ce qui veut dire qu'en théorie, le fait qu'un élève s'exprime en petit nègre est tout à fait recevable.

Franchement, si on suit la logique de l'éducation nationale, qui veut que ce qu'on fait à l'école doit être absolument utile pour un métier plus tard : vous pensez que si vous parlez en petit nègre à un employeur, votre crédibilité ne risque-t-elle pas d'en prendre un méchant coup ?

Ensuite, on parle d'élève acteur de sa formation. Alors, dans la théorie, c'est très joli, très mignon, très bisounours : l'élève est au centre de sa formation, et il agit, fait des choix, se trompe peut-être, mais pour mieux se relever et avancer. Dans la pratique... Nous parlons d'adolescents, et non pas d'adultes. Vous imaginez, 30/40 adolescents à qui on laisse le choix ? Ahem. Et puis, face à des classes muettes, c'est pas folichon. Et je ne parle même pas des classes de SEGPA...

Il faut aussi qu'on se souvienne qu'il faut prendre en compte de la volonté individuelle de l'adolescent, sa volonté de s'affirmer et de hurler au monde qu'il existe.

Ai-je vraiment besoin de développer ce point ? Je trouve que ça parle de soi-même...

 

Alors oui, je suis d'accord avec ce qu'a écrit Natasha Polony. Et je ne comprends pas que ça fasse autant de polémique, très personnellement. Enfin si, parce qu'elle pointe du doigt bien des défauts dans un système éducatif qui possédait pourtant d'excellentes bases. Parce qu'elle pointe les faiblesses d'un pays où beaucoup trop d'élèves sortent de troisième sans savoir lire ni écrire.

J'ai moi-même appris à lire avec la méthode globale dont elle parle dans son article. Pour ceux qui ne voient pas de quoi il s'agit, un exemple concret : avant que ma mère ne vienne m'apprendre à déterminer les syllabes et à les déchiffrer, je pouvais lire « le chat mange la souris » mais j'étais incapable de lire « chat » ou de lire la syllabe « sou ». Mais je savais reconnaître la phrase. Ce qui est assez inutile lorsqu'on tombe sur un mot inconnu...

Alors que d'autres ne sachent pas lire/écrire correctement ne m'étonne pas. J'ai eu la chance d'avoir une mère qui a rattrapé les pots cassés. Certains parents ne s'impliquant pas dans la scolarité de leurs enfants laissent couler. D'autres s'en moquent carrément. Et là est un autre coeur du problème.

 

Ajoutons à cela de scandaleuses réformes orthographiques (apprendre qu'on pouvait maintenant écrire « nénufar » m'a fait hurler d'indignation), et comment voulez-vous que la jeunesse française sache écrire, rester concentrée, faire des progrès, découvre le plaisir d'apprendre sans forcément que cela ait une utilité pour son futur métier, pour avoir une culture générale...

Certes, les élèves ne travaillent jamais pour eux (pour faire plaisir aux parents, par peur de punitions, tout ça, et je ne faisais pas exception avant d'entrer à la fac), mais il est important qu'ils acquierent ce genre de choses. Pour qu'on n'aille pas vers une société aliénée, où certaines personnes ignorent certains mots comme « métaphore », « garniture » ou « paradoxal ».

Et c'est du vécu.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 21:29

Depuis l'article d'hier, j'ai sondé la toile, pour voir les différents articles de blog qui ont pu être faits sur le sujet. Je n'ai pas été déçue du voyage.

Comme dit dans le dernier article, j'ai dépitée des réactions, pourtant typiques, que ça a suscité. Bouh, le vilain raciste, bouh. J'ai déjà exprimé mon opinion à ce sujet hier, je ne reviendrai pas là-dessus. Aujourd'hui, j'ai vu des articles de blogs sérieux – dans le sens où ce ne sont pas des skyblogs d'adolescentes mal dans leur peau – qui reléguaient exactement les mêmes idées que « wesh t'es un raciste ».

 

Alors je me suis dit que c'était un point sur lequel il était intéressant de débattre. À ce sujet, je suis ouverte aux critiques, aux avis, comme pour tout, tant que c'est un tant soit peu construit.

Parlons racisme, ce sujet épineux qu'on n'ose plus aborder, sous peine d'être assimilé frontiste.

 

Déjà, revenons sur le mot avant de l'utiliser à tout va :

« Le racisme est une idéologie, qui partant du postulat de l'existence de races humaines, considère que certaines races sont intrinsèquement supérieures à d'autres. Cette idéologie peut entraîner une attitude d'hostilité ou de sympathie systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes de couleurs. »

Source : Wikipédia.

Je connais la fiabilité de wikipédia, mais je trouve cette définition intéressante et assez vraie. J'aime beaucoup la notion d'« attitude de sympathie », qui soutient mon opinion sur la discrimination positive. Mais ne brûlons pas les étapes.

Si nous nous basons sur cette définition, un raciste est quelqu'un qui pense que l'espèce humaine est divisée en races, et que certaines valent mieux que d'autres. Bon, premier point : l'utilisation du terme à tout va. Quelqu'un qui tient des propos discriminatoires n'est pas forcément un raciste. Je suis une puriste de la langue française (j'ai failli faire une attaque en voyant la dernière réforme de l'orthographe en France), et j'aime utiliser les mots qu'il faut.

 

Autre point qui éveille mon intérêt : ça parle d'existence de races, qui pensent que certaines sont supérieures. Ce qui signifie que nul partil est dit que le racisme est la déclaration de la suprématie des blancs. Alors qu'on arrête, dès qu'on dit quelque chose de déplaisant – je ne pense pas forcément à une insulte, mais à une critique, ou une remarque maladroite – à une personne un tant soit peu bronzée, de nous traiter de racistes. Ça, ça a une sérieuse tendance à m'agacer.

Pourquoi est-ce que je souligne ce point ? Parce qu'on parle beaucoup de discriminations contre les couleurs de peaux, les noirs, les beurs, les asiatiques... Mais on ne parle pas de racisme anti-blanc. Pire : ce type de discrimination n'est pas reconnu par la Halde(Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité). Elle défend la discrimination raciale, sexiste, contre les handicaps... Mais alors, si on a le malheur d'être un homme blanc en bonne santé, on peut aller se faire voir. Ainsi, un homme caucasien de trente ans, le type lambda, se fait agresser par un groupe de jeunes beurs, et meurt dans la lutte : c'est un homicide involontaire. Si un des jeunes meurt dans la lutte, parce que le type, en voulant user de sa légitime défense, a un geste malheureux : c'est un crime de haine.

 

Je caricature peut-être. Mais j'ai déjà entendu ce genre de choses, et ça me rend malade...

 

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Parlons des problèmes dans les cités. Parce que l'argument que j'entends souvent, c'est quelque chose de ce genre :

  • les pauvres, à peine immigrés, ils sont parqués dans des cités, et ne peuvent pas s'intégrer...

FAUX. Archi-faux. Certains s'intègrent, se réclament français, travaillent, et vous remarquerez que ceux-ci font souvent partis des « je n'aime pas les arabes, mais toi je t'aime bien ».

Et puis, l'immigration est un phénomène bien connu. Il n'y a pas que les maghrébins : il y a les chinois (qui en général ne s'intégrent pas, et vivent en communauté auto-gérée qui ne pose pas de problème), les portugais, les italiens, les polonais...

Rien ne m'énerve plus, très franchement que d'entendre : Italie/Maroc/Algérie représente. Ce sont souvent ce qu'on appelle la « troisième génération » : les grands-parents ont fuit quelque chose, ou sont venus en France pour y trouver une vie meilleure, leurs enfants s'intègrent pas trop mal, et leurs petits-enfants... Sont les « racailles » qui font polémique aujourd'hui.

Je suis de cette troisième génération. Ma famille vient d'Italie, qu'elle a fuit pendant la deuxième Guerre Mondiale. Mon grand-père, alors enfant, s'est intégré et a bien réussi sa vie. Mon père a fait son bout de chemin comme il pouvait. Et moi, je suis intégrée, française bien dans ses chaussures, et, bien que j'aie de la famille en Vénétie, je me sens plus française qu'Italienne.

Oh oui, c'est facile pour moi, je suis blanche. C'est vrai. Mais je n'ai jamais eu de crise « Italie représente ». J'ai des amis d'origine marocaine, algérienne, centrafricaine. Et tous, comme moi, se sentent français et se revendiquent français. L'un d'eux a même un père qui sert dans l'armée française...

 

Plus que du racisme, c'est l'intolérance qui me gêne. Dans tous les sens. Des athées envers les catholiques (et, moi qui suis catholique croyante, croyez moi que c'est pas simple tous les jours), les musulmans envers les athées, et vice versa. Je crois que le pire que j'ai pu entendre, c'est un « comment un infidèle peut-il en connaître autant sur l'islam? ».

Alors franchement, si je traitais tous les athées que je croise de « païens », je pense que ça aurait suscité des ennuis très rapidement. Mais étonnamment, ce sont des propos qui n'ont pas choqué. Mon n'homme, à qui ces propos ont été adressés, n'a pas perdu son sang-froid et a gentiment expliqué à la demoiselle que, athée ou non, il avait lu le Coran, chose qu'elle n'avait visiblement pas fait. Je la soupçonne même de n'en avoir croisé aucun dans sa courte vie.

Bon, en parlant de tout cela, je confonds un peu nationalités (ou plutôt éthnies) et religion. Je sais pourtant que maghrébins ne signifie pas musulman, mais j'avoue que les problèmes que j'ai rencontré avec des maghrébins... Bah ils étaient mulsumans. Qu'on ne me dise pas que la religion est un paramètre qui n'a rien à voir : c'est un paramètre qui a tout à voir. En collège, je me suis vue interdire le port d'un pendentif, qui ne faisait pas plus de deux centimètres de long, qui était sous mes tee-shirts, parce que c'était une croix. Dans le même temps, il y avait un débat sur le port du voile. Je n'ai jamais entendu de débat sur le port de la croix, la France est un pays laïque, il était normal de m'interdire de montrer ma religion, même discrètement, en classe. De la même façon, aucun de mes copains juifs ne portaient la kippa, et personne n'a ouvert le débat pour protester. Il n'y a pas de débat à avoir.

 

Je pense que plus que de couleur de peau, le débat qui tourne autour de discrimination raciale est plus une question de minorité qu'autre chose. Le problème n'est pas la couleur, mais le nombre. Cette troisième génération, souvent livrée à elle-même, avec une éducation laxiste, est comme en pleine crise d'identité, et finit par privilégier quelque chose qu'elle ne connait pas forcément – après tout, on critique tellement bien ce qu'on connait, donc on en arrive vite au fait que la France, ça craint, et l'Algérie, cet eldorado inconnu, est le paradis – au détriment du reste.

Mais il faut arrêter de crier au loup de manière aussi systématique. Je ne serais pas étonnée, d'ici un jour ou deux, de voir un « sale raciste » quelque part dans les commentaires. Même si je pense avoir exprimé mon point de vue clairement, expliquant où était le problème que je ressentais.

De la même façon, il faut arrêter d'adopter le point de vue contraire. Je ne défends personne. Je constate. Je constate que si un jour je me fais agresser dans une cité par un homme ou une femme de couleur, je ne pourrais pas bénéficier des mêmes droits que si j'avais été noire. Je constate qu'on hurle à l'égalité, alors qu'on augmente les droits d'une communauté au détriment d'une autre.

Il faut définitivement tout mettre à plat. Voir les choses avec recul. L'égalité, oui. Mais pour tous, et pas juste dans la théorie. Que la Halde reconnaisse le 'racisme anti-blanc'. Qu'on donne aux minorités la possibilité de s'émanciper comme la majorité. Qu'on mette toutes les religions sur un même plan. Et qu'on accepte le fait que, ça nous plaise ou non, nous sommes français.

 

Je finirais avec une citation de Chabal, qui souligne une chose qui nous a tous déjà fait grimacer, en prenant le bus/le train :

 

 

 

 

 

 

A ciao bonsoir o/

Par Méli - Publié dans : Pot-Pourri
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 13:18

La nouvelle a fait le tour en un rien de temps. Réseaux sociaux, msn (oui, y'a encore des utilisateurs d'msn), télévision, blogs...

Personne, en même pas 24h, n'a pu passer à côté du drame qui a frappé la Belgique. Qui a secoué la Belgique. Et pour vous dire, même moi, franco-française, qui vit plus vers la Suisse que la Belgique, j'ai été secouée par la nouvelle et par la vague que ça a suscité.

 

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/images/3CFA3FD5-CB31-4F6D-8FF7-9B86F777D715/LRL_03/place-saint-lambert-a-liege-theatre-de-l-effroyable-tuerie-qui-evoque-pour-certains-le-massacre-c.jpg

 

D'abord, ça n'a été qu'un sujet d'actualité, qui passait aux infos. Puis, une seconde plus tard, je me suis rendue compte que je connaissais du monde, à Liège. Deux secondes plus tard, j'ai commencé à m'inquiéter. Pour plusieurs raisons.

 

Pour ces personnes, déjà. Car oui, même si je n'en suis pas spécialement proche, même si je ne les connais pas plus que ça, ça fait quelque chose de se dire que ces personnes, avec qui on a ri, plaisanté, craqué, parfois pleuré, ont pu y laisser la vie. Ca a été le cas, aux dernières nouvelles, d'un bébé, de deux adolescents, d'une personne âgée.

Ca m'a fait plus plaisir que je ne l'ai laissé paraître, hier soir, quand ces personnes sont venues me parler sur msn, où quand je les ai vues connectées. C'est peut-être bête, mais se dire qu'on aurait pu ne plus se parler m'a fait peur. Alors qu'on ne parle pas spécialement beaucoup.

 

Et puis, je me suis inquiétée pour moi. Pour nous. Il y a quelques années, ça n'arrivait qu'aux États-Unis. Et puis, récemment, en Norvège. Et puis en Belgique. Ça se rapproche. Et ça n'arrive pas qu'aux autres.

 

Depuis, j'ai parcouru le net, de lien en lien, guettant ce que des amis à moi postaient sur les réseaux sociaux. Et j'ai fini sur ce blog, sur un article du nom de « je suis mort à Liège, mon amour ». Malheureusement, je ne peux pas vous donner le lien, l'article a été supprimé – par censure, peut-être mais j'en doute fortement, je pense plus que l'auteur, qui avait réagi à chaud, a préféré le supprimer – il y a peu.

En un rien de temps, cet article a suscité une polémique sur la toile. Très bien écrit, rendant bien compte du trouble qu'il avait suscité. Provoquant la polémique en pointant du doigt les origines maghrébines (ou arabes, je ne sais plus) de l'auteur de la tuerie.

 

C'est vrai que l'article a été écrit à chaud. Et c'est vrai qu'après un événement aussi difficile, aussi traumatisant, il est normal qu'on pointe du doigt les problèmes que créent les minorités, quelles qu'elles soient, dans n'importe quelle société. Oui, on ne connait pas les motivations du tueur, oui, la tuerie de Norvège a été perpètrée par un Norvégien blanc bien intégré. Ce n'est pas notre point ici.

Ce n'est pas tant l'article qui m'a choquée – il m'a touchée, au contraire. Non, ce sont les réactions que cela a suscité. Voici un petit florilège, que j'ai pu récolter ça et là :

  • WTF ? MLP au pouvoir ? Tous les arabes des dangers ? C'est indécent, petit, minable. suis mort à Liège, mon amour...

  • ou comment réutiliser un événement tragique/imprévisible pour justifier du racisme ordinaire.

  • Je m'incline devant ce mec. Il a totalement raison. 2012 : Marine Lepen au pouvoir !" - Propos d'une fille

  • Le genre d'article qui me dégoûte au plus haut point. Dans le genre "je suis pas raciste mais", il a fait fort !

 

Par quoi commencer ?

Déjà, j'ai envie de faire remarquer à tout ce beau monde que cet article n'est pas un appel massif au Frontisme. Que le but du jeu n'est pas de dénigrer une communauté.

Mettez vous à la place des autres. Demandez-vous, qu'il soit arabe, jaune, noir, blanc... comment vous auriez réagi, face à une telle situation. Le fait que l'auteur soit maghrébin est un détail, mais forcément, face à ce genre de choses, on se souvient des incendies qui ont déchiré les cités, de la peur au ventre qu'on peut avoir (surtout les femmes) en traversant les cités des grandes villes dès que le soleil commence à décliner, des agresseurs dans les immeubles dans les ZUPs... Alors on fait les liens. Et c'est bien naturel.

 

Après tout, l'assassin de Pascal Légal n'était peut-être pas de couleur – je crois qu'on ne l'a toujours pas trouvé. Ca n'a donc pas eu ce genre de réminescence. C'est le triste sort des minorités visibles.

Mais ne crions pas au racisme trop vite, comme ça. L'auteur a réagi à chaud, ce n'était peut-être pas une bonne idée, mais je comprends l'envie qu'il a eue de s'exprimer. Mais critiquer ainsi, sans faire l'effort de mettre en relief, ça frôle l'idiotie. Surtout quand on accuse de faire de raccourcis, et qu'on en fait soi-même, en lisant l'article pour l'interprêter à son avantage.

 

 

PS : ah tiens, pour les intéressés, l'intégralité de l'article a été reproduit ici, finalement. Les commentaires des internautes valent mon florilège aussi...

Je donne aussi l'article d'Émilie V., parce qu'il m'a prise aux tripes.

 

L'article est un peu décousu, et je m'en excuse. Je n'ai pas les idées très claires sur le sujet, du moins j'ai du mal à trouver les mots pour les exprimer. Et la période de partiels n'arrange rien.

Merci.

Par Méli - Publié dans : Vie Quotidienne
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 16:41

Peut-être en avez-vous entendu parler. Dixit des connaissances, la nouvelle était passée à la télévision nationale... Une brève de plus, dans le contexte des dernières semaines, où l'on n'entend plus parler que de braquages et enfants tués dans des lave-linge. Pourtant, il y a deux semaines, quand j'avais reçu un sms d'une amie proche, ça m'avait fait vraiment bizarre. Je ne dirais pas un coup de poing, mais un léger choc, quand même.

 

 

– Le patron du Café du Théâtre a été retrouvé mort, tué de 90 coups de couteaux. –

 

http://www.tetu.com/files/inline_images/cafe-theatre.jpg

 

 

Je ne le connaissais pas personnellement. Mais comme beaucoup d'étudiants de la faculté de lettres, dix mètres plus loin, je suis une cliente régulière de ce bar. Un endroit sympathique, gay-friendly, avec accès wifi, où on discute gentiment avec les serveurs, où on discutait avec le barman – le patron –, où on peut geeker entre amis, où on peut s'amuser de voir les potes mâles devenir pivoine en se faisant draguer par un serveur mâle lui aussi.

Un endroit où se tient le café anglais, où étudiants peuvent venir échanger, pendant deux heures, en anglais, dans une ambiance différente de celle des cours, et mille fois plus détendue. Un endroit où on passe de bonnes soirées. Un endroit où on peut boire un café en plein air en milieu d'après-midi, en essayant de changer le monde, comme tout bon étudiant de faculté de lettres.

 

S'il y a un endroit dans Besançon où on passe une bonne soirée à coup sûr, c'est là. C'est là que j'ai fini de nombreuses soirées entre amis, entre cocktails, diabolos (aux parfums improbables) et café pour celui qui prend la voiture.

Alors se dire que son patron a été assassiné, ça fait un choc. Et dans tous les articles que j'ai lu sur le sujet, la même idée revient : c'était un homme sympathique, ouvert, et ses employés s'entendaient tous bien avec lui. Les clients aussi.

 

En passant devant le café, pour la première fois depuis mon retour de stage, j'ai vu les bougies, les gerbes de fleurs, déposées devant la baie vitrée, là où, les beaux jours, ils installent la terrasse. Le café a rouvert, et des personnes continuent de poser des fleurs régulièrement, à en juger par la beauté de celles que j'ai vues.

 

Le seul article de journal complet et vraiment informatif, avec d'autres allures qu'une rubrique faits divers, est celui de tetu.com (les photos du billet d'aujourd'hui viennent d'ailleurs de cet article). Je trouve ça quand même désolant, quelque part. Mais après, je pense que c'est comme les nombreux évènements tragiques des derniers jours... À part une brève dans un coin, ça n'a pas du être très relayé, pour certains...

 

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Par Méli - Publié dans : Vie Quotidienne
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 20:06

Au moment où je vous écris, je suis en plein rapport de stage, et je ne surkiffe pas de devoir le faire. Mon stage s'étant finalement plus concentré sur de la pratique accompagnée (comment préparer un cours et finalement le donner), complèter un rapport de stage d'observation devient complexe. J'ai certes beaucoup observé, mais plus dans une optique purement pratique – je suis très terre à terre – que dans une optique d'analyse. Donc voyez-vous, j'ai du mal, dans l'immédiat. J'ai de quoi faire, mais je suis quand même assez stressée par cette idée de cinq pages à ne pas dépasser... J'ai beaucoup à dire quoi !

 

Vous en savez quelque chose ! Je vous en ai dit des choses, n'est-il point ? Mais je ne vous ai pas donné les moments les plus croustillants : Méli qui prend en charge deux classes, sur deux heures de cours (donc quatre au final) pour la première fois de sa vie.
Alors définitivement : j'avais jamais rien fait du même genre. J'ai été face à des groupes de trente avec un prof, comme assistante ; j'ai fait du soutien en cours de 10h avec trois élèves avec Acadomia ; j'ai fait face à des groupes de 3 et 5 (et ils étaient en classe entière) comme assistante avec les y12 et y13 ; j'ai donné des cours à domicile.
C'est incomparable. Et les quatre heures ne se ressemblaient pas.

 

J'imagine que vous attendez le récit croustillant, donc allons-y...

Les première S :

C'est une classe qu'on m'avait dit silencieuse, voire molle, pas exceptionnelle, mais pas catastrophique non plus. J'ai pu constaté que c'était en effet le cas, une classe moyenne, mais alors dans le genre deadly silent, même un mort ne ferait pas mieux. On entendrait les mouches voler.
Mais le pire, ce n'est pas seulement que les gamins ne participent pas ; non, ils ne causent pas, même entre eux. Rien. Que dalle. Nada. Je crois que même mes regrettés y10 étaient plus bavards...

Avec eux, j'ai eu beaucoup de mal à trouver sur quoi faire le cours. Les idées ne manquaient pas, mais en deux heures, on ne peut pas traiter non plus un sujet aussi vaste que l'Apartheid, par exemple...
Mais finalement, j'ai jeté mon dévolu sur les petits immigrants Mexicains. A la base, le but était de les amener, via une image et un texte, à réviser les comparatifs, l'expression de l'opinion, et de les faire réfléchir sur un sujet d'actualité.
Eh ben ça n'a pas été simple.

 

http://www.mondial-infos.fr/wp-content/uploads/2009/12/fesses.jpgVous vous souvenez bien sûr des 1ère S et de leurs idées conceptuelles sur les fesses?

 

Jour 1, heure 1 (8h-9h) :
On a commencé par une petite image d'un panneau de signalisation, sur le type « immigrants crossing ». Alors là,
no problem. J'ai eu de bonnes idées, des théories farfelues, jusqu'à arriver à l'idée de l'immigration, ça se passe bien. Les première ont besoin d'être motivés, secoués, solicités en permanence, mais ils ont un prof tout nouveau face à eux et font preuve de bonne volonté. Ils participent relativement bien. Je décroche même un howeverd'une élève en grosses difficultés, de bonnes constructions, pas mal.
On base la seconde partie de l'heure sur un texte, on le lit, on le résume, on en parle un peu. Encore une fois, ça tourne plutôt bien. On finit pas trop mal, à l'heure, en ayant eu le temps de prendre de l'avance sur les devoirs que je comptais leur donner pour le lendemain.

 

Jour 2, heure 2 (le lendemain, 8h-9h) :

Alors là, je les ai vu arriver... Ils avaient l'air bien moins réveillés que la veille. Jeune prof encore pleine d'illusions, je commence par un recap un peu mou, où peu de personnes arrivent à me dire ce qu'on a fait la veille. Bon. On reprend sur le petit point de grammaire qu'on avait laissé derrière nous l'heure précédente...
Oh, mon, dieu. Je m'étais dit qu'on allait profiter du texte, qui s'y prêtait bien, pour causer comparatif/superlatif. Une notion vue en cinquième, ou en quatrième. En tout cas, une notion vue depuis un looooong moment. J'avais donc prévu d'y passer une dizaine de minutes max, histoire de faire une piqûre de rappel.
Une demi-heure. On est resté une demi-heure dessus. Ils n'y étaient pas, ils n'avaient pas l'air de suivre. Trois fois je leur ai demandé si ça allait, s'ils comprenaient. Mais non. Une demi-heure plus tard, je n'étais pas sûre que tout le monde ait bien assimilé...

L'activité de vocab, à côté de ça, est allée toute seule.
Bon, les première me semblent repartis, je me dis que je vais pouvoir les lancer sur une petite réflexion personnelle... Bah c'était définitivement pas leur jour. J'ai commencé par leur parler de réfléchir sur l'immigration. Puis de comparer avec une situation familière. Puis je leur ai dit que c'était quelque chose qu'ils vivaient tous les jours. Dans leur pays.

Cinq bonnes minutes plus tard, je me suis décidée à interroger une des filles qui sont bonnes dans la matière, pour obtenir « Africans come to France to have a better life ». FIOU. Ce fut long et dur. On a laissé tomber la construction d'une petite argumentation et l'expression de l'opinion. Le prof titulaire ayant des mots à dire à sa classe, je lui ai laissé la main, en expliquant bien aux élèves que la séance du jour avait été très moyenne, surtout vis à vis de la précédente...

 

http://studentsschool.com/wp-content/uploads/2009/08/Tips-to-avoid-sleeping-in-class-for-students-school.jpgToi aussi, petit, tu iras en 1ère S...

 

Les secondes :

Aaaah, alors eux, ils sont différents. Très francs. Très vivants. Quelque part, ce sont encore des troisième, arrivés ici un peu par hasard.

Le fait étonnant avec eux, c'est que quelques filles fortes têtes avec leur prof ont bien daigné participer (et parfois beaucoup, Camille, qui avait une extinction de voix, a participé au moins quatre fois sur les deux heures) et je suis sortie au final avec la certitude d'un travail accompli : ils avaient compris.

J'avais été ambitieuse, pour eux ; le prof étant dans l'unité sur New York, je suis partie sur un travail autour du Melting-Pot. Clichés, nationalités, rumeur, le passif impersonnel... Il y avait un long travail autour, qui allait bien, et qui rentrait bien dans les deux heures. Le passif impersonnel est quelque chose de complexe, mais visiblement... Il est passé !

 

Jour 1, Heure 1 (9h-10h) :

Je sors à peine du cours 1 avec les première. J'entre dans la salle, et... J'attends. Beaucoup des gamins ont cours de français, juste avant, et ont tendance à arriver en retard. Je commence donc en retard.

Un vrai plaisir. Certes, ils bavardent, ils sont excités et il faut savoir les canaliser. Mais ils participent volontiers, et se lancent sans honte, quitte à faire des erreurs. Alors imaginez, quand je leur ai projeté une image de stéréotype d'un chinois, ils s'en sont donné à coeur joie. Pareil quand il a s'agit de trouver des clichés.

En une heure, deux images traitées, et quelques clichés. Mais des élèves de bonne humeur. Et un début de point sur le passif. On a un peu échangé sur le sujet, rappelé de quoi il s'agissait... Bien, la récréation sonne... On reprend après.

 

Jour 1, Heure 2 (11h-12h) :

Une heure plus tard, nous commençons plus ou moins à l'heure. On reprend notre recherche des clichés, vis à vis d'adjectifs (sur un conseil de mon tuteur, pour que ce soit plus simple). Et maintenant, il s'agit de faire la connaissance du passif impersonnel (le « on » français). Et bien, finalement, ça passe bien. On explique une fois, on fait des exemples pour que tout s'incruste en tête des gamins. Certains comprennent.

Et là, l'avantage de la classe, très franche, sort : « Madame, moi j'ai pas compris ! » C'est une surprise. En trois semaines, je n'avais pas encore entendu la voix de Marine (surprise pour mon tuteur aussi), à qui j'ai tout réexpliqué, et fait faire un exemple. Et je suis certaine, à l'heure d'aujourd'hui, qu'elle a compris.

Comme tous. Ils se sont amusés à reformuler des clichés via cette formulation, ont vite trouvé son équivalent français (le « on » donc), et m'ont permis de repartir sur New York. On a vu les nationalités, les quartiers où certaines se concentraient (Little Italy, China Town...) ; et enfin, ils ont pu formuler, en anglais s'il vous plait, ce qu'était un Melting-Pot.

Et hop, il est 12h. La sonnerie retentit dans trois minutes, je les laisse filer pour profiter de leur avance à la cantine.

 

L'expérience a été gé-niale. Je me suis sentie très à l'aise, face à eux, et d'après mon tuteur, je suis définitivement faite pour ce métier – j'ai les réflexes qu'il faut, déjà, de bonnes idées, c'est vraiment réconfortant.

Je n'ai aucune envie de retourner à la fac. Aucune de passer le concours. Qu'une hâte : y retourner au mois de mars, redonner des cours, recommencer. De jour en jour, je sais un peu plus que c'est le boulot qui est fait pour moi.

Et je ne lâcherai pas l'affaire.

Par Méli - Publié dans : Élucubrations d'une étudiante en MEF
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